Critique de film

Sept cités d'Atlantis (Les)

"Warlords of Atlantis"
affiche du film

1896, le professeur Aitken et son fils Charles partent en expédition sur un navire américain afin de tester une cloche expérimentale inventée par un ingénieur nommé Greg Collinson, qui fait également parti du voyage. Après avoir subi l'attaque d'un monstre marin préhistorique, c'est finalement une pieuvre géante qui va les entraîner dans les profondeurs jusqu'à Vaar, l'une des 7 cités enfouies d'Atlantis. Tout l'équipage va alors être réduit en esclavage par les habitants d'origine extra-terrestre du continent submergé afin d'aller combattre les monstres gigantesques qui livrent une guère sans merci à la cité. Seul l'un d'entre eux, grâce à son intelligence supérieur sera utilisé à d'autres desseins...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les 7 cités d’Atlantis - Le continent... englouti
Par : Fred Pizzoferrato

Cinéaste anglais né en 1937, Kevin Connor débute sa carrière de metteur en scène en 1973 avec un sympathique film d’épouvante à sketches produit par la firme spécialisée Amicus, Frissons d’outre-tombe. Ce sera pourtant avec son second long-métrage (Le sixième continent) que Connor trouvera sa voie, celle de l’aventure fantastique et mystérieuse impliquant la découverte par une équipe de vaillants explorateurs d’un monde perdu où vivent encore des créatures préhistoriques. En compagnie de l’acteur Doug McClure, alors dans une fringante quarantaine, Kevin Connor va proposer trois adaptations du romancier Edgar Rice Burroughs, créateur de John Carter of Mars et, surtout, de Tarzan. En trois ans, Kevin Connor et Doug McClure vont donc livrer une trilogie de métrages divertissants au charme aujourd’hui suranné : Le sixième continent, Centre Terre Septième continent et Le continent oublié. A cette saga inspirée de Burroughs, il convient d’ajouter, en 1978, ces Sept cités d’Atlantis qui, cette fois, se base sur un scénario original de Brian Hayles (lequel avait surtout travaillé pour la télévision sur la saga « Doctor Who ») mais reprend les éléments familiers aux amateurs des films précités : de l’aventure, du dépaysement, des monstres en plastiques, du fantastique, un peu de science-fiction et une touche d’humour. Bref, de la pure série B familiale résolument rétro à destination des nostalgiques d’un certain cinéma de pur divertissement à l’ancienne.

L’intrigue des Sept cités d’Atlantis s’avère très classique : à la fin du XIXème siècle, le professeur Aitken monte une expédition archéologique pour découvrir les merveilles englouties sous l’océan atlantique. Charles (joué par Peter Gilmore), le fils du professeur, se porte volontaire pour tester la nouvelle invention de son ami Greg Collinson (ce bon vieux Doug McClure), un étrange bathyscaphe devant leur permettre d’explorer les grands fonds. Rapidement, les deux amis mettent à jour une énorme statue en or massif, suscitant la convoitise des marins de leur navire, lesquels n’hésitent pas à couper les câbles reliant le sous-marin au bateau afin d’expédier les deux amis à une mort certaine. Pendant ce temps, le professeur Aitken est lâchement abattu d’une balle dans le dos par les mutins au moment où une monstrueuse pieuvre passe à l’attaque. Les marins échouent au fond des flots en compagnie de Charlie et Greg, lesquels ignorent qu’ils ont été victimes d’un sabotage. Tous ce petit monde échoue finalement dans une grotte sous-marine où ils sont accueillis par des êtres étranges qui s’avèrent être des Atlantes. L’un des chefs du continent englouti expose ensuite la situation à nos naufragés : des sept cités d’Atlantis seuls cinq sont encore intactes et les Atlantes (en fait des Martiens !) sont incapables de retourner sur leur planète. Ils comptent donc tirer parti des meilleurs cerveaux humains, comme Charles par exemple, pour les aider à dompter l’énergie nucléaire et à imposer la dictature sur Terre, « pour le plus grand bien » de l’humanité, évidemment. Mais Atlantis doit aussi faire face aux assauts répétés de créatures préhistoriques particulièrement féroces.

Si le scénario n’est guère original, Kevin Connor parvient cependant à lui donner un rythme soutenu permettant de nombreuses péripéties divertissantes. Le film inclut en effets une expédition archéologique, une invention révolutionnaire (le sous-marin), une mutinerie, l’attaque d’une pieuvre géante, la découverte d’Atlantis, la révélation de l’identité extraterrestre de ses habitants, des esclaves rendus amphibies par une mutation imposée, des monstres préhistoriques marchant lourdement vers les cités marines, des bagarres entre les explorateurs et les Atlantes, etc. Rien de fondamentalement novateur mais un beau concentré des meilleurs ingrédients de la littérature populaire, exploités avec un certain sens de l’aventure échevelée. Certes, certaines séquences tirent un peu à la ligne et on remarque quelques longueurs lors du deuxième acte. La découverte de la civilisation atlante n’évite pas les clichés « idylliques » d’un monde pseudo libertin soumis à la tyrannie, bref un discours typique de la science-fiction des années 70, mais le film reste agréable et rarement ennuyeux.

Pourtant, Les 7 cités d’Atlantis se révèle sans doute trop riche et ambitieux en regard des moyens investis car Kevin Connor, en dépit de toute sa bonne volonté, éprouve quelques difficultés à illustrer certains pans de l’intrigue. Ainsi, les somptueuses cités promises ne seront finalement dévoilées que par quelques portions de décors sentant un peu trop le carton pâte et les coiffures et costumes choisis ont terriblement vieillis, ressemblant à ceux d’un ancien épisode de Star Trek. Au niveau des effets spéciaux, l’âge de ces 7 cités d’Atlantis se fait encore plus cruellement sentir tant les matte-painting sont voyants, les incrustations peu crédibles et les monstres caoutchouteux. La guerre des étoiles ou Star Trek le film datant de la même époque, la différence qualitative des trucages se montre cruellement patente pour le pauvre Kevin Connor.

Néanmoins les nombreuses bestioles, aussi peu convaincantes qu’elles soient (on les croirait volontiers échappées d’un Kaiju Eiga) sont amusantes et offrent l’une ou l’autre séquence modérément spectaculaires et réussies, comme par exemple la destruction d’un navire par un poulpe gigantesque. Les acteurs, de leur côté, paraissent souvent un peu figés et pas vraiment concernés par les évènements, y compris Cyd Charisse, star des comédies musicales hollywoodiennes des fifties reléguée au rôle secondaire d’une des dirigeantes d’Atlantis. Notons aussi une conclusion pas vraiment satisfaisante qui ne résout pas grand-chose : chacun repart de son côté, les Atlantes gardent la domination des mers (et rêvent de conquérir le monde), la belle esclave retombe captive et nos explorateurs rentrent chez eux dans un canot de sauvetage. Un climax un poil plus mouvementé et spectaculaire aurait sans doute contribué à laisser une meilleure impression au spectateur mais, dans l’ensemble, le métrage se suit néanmoins avec plaisir et les quelques touches humoristiques aident à faire passer la pilule.

En dépit de ses nombreux défauts et faiblesses, Les 7 cités d’Atlantis demeure un divertissant film d’aventures fantastiques à l’ancienne qui permettra aux nostalgiques de passer un bon moment à condition de ne pas en attendre un impérissable chef d’œuvre.


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