Critique de film

Cabin Fever 2: Spring Fever

"Cabin Fever 2: Spring Fever"
affiche du film

La Promotion d’un lycée doit affronter une menace inimaginable alors qu’un virus carnivore se répand parmi eux, propagé par une marque d’eau à la mode...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cabin fever 2 : Spring fever - Deux fois plus gore, deux fois moins d’effets
Par : Damien Taymans

Il y a tout juste sept ans, Eli Roth marquait son premier essai intitulé Cabin fever, péloche sans prétentions qui contrebalançait des références souvent pataudes par une vraie générosité en matière de tripaille. Pour rappel, le métrage suivait cinq djeunz qui, our fêter la fin de leurs études et profiter de quelques jours de liberté avant d’entrer de plein pied dans les emmerdes quotidiennes (comprendre : le monde du travail), se paient un petit week-end dans une cabane perdue au fin fond des bois, en bordure d’un splendide lac avec canoë et tout le toutim. Au programme : détente, alcool et bronzette. Leur séjour idyllique vire au cauchemar quand ils croisent la route d’un ermite infecté par un virulent virus qui crache accessoirement ses tripes, venu chercher de l’aide auprès d’eux...

Depuis, Roth s’est basterdisé chez son ami Tarantino et a pris les rennes du torture porn avec son diptyque Hostel. Désireux de pousser plus loin sa « cabane fiévreuse », Roth se ramasse et voit son script religieusement réexpédié par les producteurs de Tonic films. En lieu et place, ils optent pour un scénar amélioré par Ti West, réal trentenaire qui s’est fait remarquer avec The roost en 2005. Quasi complètement autoproduit, cet hommage au cinéma horrifique des 70’s et 80’s sous forme de midnight movie amateur suffisait amplement à cataloguer son créateur (scénariste, producteur, réalisateur et acteur pour l’occasion, qui dit mieux ?) dans le rang des amoureux du genre minés par une intarissable nostalgie envers le cinéma des 80’s. Généreux, West donne tout et ose tout. Le film originel déversait sur l’écran des geysers d’hémoglobine et étalait boyaux et viscères avec un plaisir non-feint (voir la sublime séance de rasage de gambettes), Cabin fever 2 va plus loin dans l’abject et accumule les émulsions macabres, mêlant sans vergogne sang, tripes, vomi et pisse qui éclaboussent chaque séquence de l’œuvre.

Suite directe du premier opus, Cabin fever 2 : Spring fever referme la boucle en reprenant comme vecteur du virus l’eau qui s’écoule non loin de l’épicentre de la propagation virale de l’épisode précédent. Un infecté fait trempette dans l’eau avant de se réveiller et de se faire éclater (littéralement) par un bus scolaire. L’eau contaminée, après quelques bifurcations, est extraite dans une usine du coin qui la commercialise en petites bouteilles. A quelques kilomètres de là, un bal scolaire en fait les frais : tous les étudiants fêtant la graduation dégustent sans le savoir l’eau toxique distillée dans une énorme vasque de punch et perdent petit à petit leur teint de jeune fille pour rejoindre illico le camp des macchabées. Sorte de dosage entre un Carrie sous amphets et un Dance of the Dead vitriolé, Cabin fever deuxième du nom emprunte constamment le chemin de la gaudriole, plaçant dans la bouche de ses protagonistes déjantés (la bimbo parée d’une énorme pustule labiale et d’un appareil dentaire, l’éléphante qui fantasme sur le beau mec du bahut, la tête de la classe plus beau que son concurrent direct, son ami vachement gonflant) des répliques truculentes dont les sous-entendus omniprésents finissent pourtant par lasser.

Lourdingue et pataude dans son accumulation de blagues sous la ceinture, la pellicule de Ti West endosse involontairement des allures d’American pie dans son omni-exploitation du porno (fellation dans les wc et éjacs faciales à coups de turgescences baveuses, notamment) et s’apparente au final à un bad-trip prompt à vous filer une fièvre d’enfer (à l’instar des boutons de sa bimbo strip-teaseuse).


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