Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Adolescent naïf mais aventureux, Delgo doit rassembler ses amis pour protéger son monde, menacé par le conflit entre les Lockni et les Nohrin.
Les Nohrin et les Lockni ne peuvent pas s’encadrer. Depuis que Sedessa, la sœur du roi des Nohrin s’est imposée par la force sur le peuple Lockni, pourtant accueillant envers les victimes de cet exode forcé. Le roi, irrité par les guerres menées par sa sœur, la destitue et la renie. Mais Sedessa ne supporte pas cet échec et s’introduit de nuit dans la chambre de son frère pour l’exterminer ainsi que son épouse. Prise sur le fait, Sedessa est bannie et se voit ôtée de ses ailes. En sourdine, elle fomente une nouvelle guerre contre les habitants de Jahmora qui devront s’allier pour éviter la chute…
Présenté en avant-première en avril 2008 au festival américain d’animation de Red Stick, Delgo a connu un parcours chaotique en salles américaines et ne connaît en Europe que le format DVD malgré une distribution des plus affriolante. En effet, au casting vocal de cet ersatz d’Avatar (une idylle entre deux personnages de camps ennemis sur fond de paysages oniriques) figurent les noms de Freddie Prinze Jr., Michael Clarke Duncan, Val Kilmer, Jennifer Love Hewitt, Malcolm McDowell et Burt Reynolds. Une stratégie marketing des studios Fathom qui ne s’est pas finalement révélée payante pour ce premier long métrage d’animation pour cette production dévolue jusque-là aux clips et spots publicitaires. Un coup dans l’eau extrêmement douloureux puisque, malgré le budget de 40 millions de dollars et un chœur vocal bankable, le film n’a hanté les salles US que le temps d’une semaine et n’a engrangé qu’un maigre demi-million de dollars. Il faut dire que les productions des majors Dreamworks et Pixar laissent peu de miettes à la concurrence qui doit rivaliser d’ingéniosité pour compenser son manque de compétences en la matière.
Pourtant, à l’inverse de sa sortie timide dans nos contrées, force est de constater que Delgo possède de sérieux arguments : une intrigue mêlant comédie, épique et romance, des personnages attachants décrits dans leurs travers et leurs maladresses, un épouvantail charismatique (la diabolique Sedessa qui assassine innocents et membres de sa propre famille pour prétendre au pouvoir) et un décor aérien et terrestre proprement spectaculaire. Plus de six années de travail pour parvenir à cette éblouissante fresque animée aux couleurs éclatantes composée d’une kyrielle de décors à la scénographie numérique irréprochable. Le message d’un universalisme agaçant (les races doivent s’unir pour lutter plus efficacement) et le récit, cousu de fil blanc, passent au second plan, laissant la vedette à quelques
séquences finement chorégraphiées et une mise en scène millimétrique de la part des deux néophytes Marc F. Adler et Jason Mauer qui ont également cosigné le scénario.
Plutôt spectaculaire visuellement, Geldo repose sur une mythologie propre (quelques bestioles aux designs intéressants, des personnages à la silhouette simpliste qui s’avèrent tout de même attendrissants) bénéficiant d’un arrière-plan majestueux. Divertissant de bout en bout, le métrage ne parvient pourtant pas à rivaliser avec ses prodigieux cousins de Pixar et consorts qui gardent un buste d’avance dans la course à l’animation grand public.
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