Critique de film

Tournoi de la mort (Le)

"The tournament"
affiche du film

Dans une société interlope, un tournoi controversé de gageurs professionnels est organisé tous les sept ans. Les parieurs sont des milliardaires excentriques qui doivent miser d’importantes sommes sur la vie d’assassins issus de toutes disciplines et dont la cruauté sans bornes est reconnue internationalement. Ceux-ci sont équipés d’une puce électronique implantée dans leur corps qui permet d’être au fait de chacun de leurs déplacements et leurs combats sont filmés et diffusés secrètement à toute heure du jour ou de la nuit. Au fil de leurs affrontements, les survivants prendront progressivement connaissance de la valeur insoupçonnée de la vie humaine.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le tournoi de la mort - Mortal battle game
Par : Fred Pizzoferrato

Nouvel exemple de cinéma popcorn de pur divertissement, The tournament s’inspire de tout un pan de la (sous) culture contemporaine allant des jeux vidéo aux comics en passant par les mangas et le cinéma asiatique.

L’intrigue, totalement délirante, s’avère d’une simplicité désarmante : tous les sept ans, dans un endroit tenu secret, se déroule une compétition mortelle opposant les 30 meilleurs assassins de la planète. Organisé pour le plaisir d’une bande de criminels richissimes qui parient sur le vainqueur, le tournoi, d’une durée de 24 heures, s’achève lorsqu’il ne reste qu’un seul homme debout, lequel empoche 10 millions de dollars. Voici 7 ans, Joshua remporta le prix et se retira des affaires. Mais, quatre mois après l’assassinat de son épouse enceinte, l’ancien champion reprend du service pour se venger, le meurtrier étant l’un de ses 29 adversaires.

Aussi stupide que soit l’idée de base de The tournament, le cinéaste soigne sa présentation en affirmant que de nombreuses attaques attribuées à des terroristes sont en réalité le résultat d’une de ses compétitions mortelles secrètes. Toutefois, le scénario reste nébuleux quand à l’origine de ce tournoi et à la façon dont sont rassemblés les participants. A la manière de Battle royale, les combattants sont en outre équipés d’une puce électronique destinée à les localiser mais capable également de les réduire en cendre. Une mini bombe qui se déclenchera immanquablement si plus d’un adversaire reste en vie au terme des 24 heures imparties.

Même si The tournament fait intervenir 30 assassins, la plupart ne seront présenté que sommairement, voire ne serviront que de chair à canon pour le quatuor principal, composé de Kelly Hu, Ian Somerhalder, Sebastian Foucan et Ving Rhames. Kelly Hu, la quarantaine alerte et sexy, incarne Lai Lai Zhen, tueuse soucieuse d’épargner les innocents et experte (forcément) en arts martiaux. Somerhalder joue pour sa part Miles Slade, un sadique complètement givré aimant torturer ses victimes et empocher un de leur doigt en guise de trophée. Foucan est le français Anton Bogart, un athlète accompli déterminé à devenir le nouveau champion du tournoi. Et Ving Rhames (Mission : impossible, L’armée des morts) s’octroie le rôle principal, celui de Joshua, ancien vainqueur du jeu et grand favori, décidé à rempiler pour venger sa femme, abattue par un des 29 autres assassins. Au milieu de cette bande de criminels impitoyables se tient le père McAvoy (le toujours excellent Robert Carlyle), un ecclésiastique alcoolique en pleine crise de foi qui, après avoir avalé un des localisateurs (une scène assez drôle mais peu crédible), se trouve pris pour cible par les autres concurrents du jeu.

Entre Mortal kombat, Battle royale, Shoot’em up, Wanted, Ultimate game ou un quelconque film d’arts martiaux, The tournament constitue un spectacle basique et sans prise de tête. Niveau action, le film en donne largement pour son argent au spectateur, accumulant les séquences explosives avec une bonne santé réjouissante. Combats de kung fu « câblé », courses de voitures destructrices, cascades énergiques, fusillades laissant des dizaines de personnes sur le carreau,…le cinéaste ne laisse guère le temps de souffler et propose un niveau de gore et de violences assez ahurissant, supérieur à de nombreux longs métrages estampillés « horreur ». Les corps déchiquetés par les balles ou pulvérisés par les bombes s’accumulent donc de manière totalement décomplexées et sans émouvoir le moins du monde un cinéaste uniquement préoccupé d’offrir au public une dose de barbaque et d’hémoglobine des plus conséquentes.

En dépit de tout cela, difficile de prendre au sérieux un métrage comme The tournament, lequel s’apparente surtout à une sorte de bande dessinée pour grands adolescents. Les maigres tentatives pour conférer une certaine profondeur aux protagonistes échouent lamentablement, en particuliers les essais assez ridicules de Carlyle pour calmer les instincts meurtriers des assassins. Excepté Carlyle, seuls Kelly Hu et Ving Rhames élèvent un peu leur jeu et confèrent un minimum de caractérisation à leurs personnages même si le film reste en terrain balisé. Kelly Hu est donc une orpheline oeuvrant pour les Triades mais ayant gardé une certaine humanité et Ving Rhames joue le tueur brisé par la mort brutale de son épouse. Le petit twist final, prévisible dès les premières minutes, s’avère en outre typique de la série B, à l’image de la progression générale d’une intrigue fort prévisible et sans la moindre surprise.

A condition d’accepter les prémices invraisemblables et les aberrations du scénario poussant très loin le concept de « suspension d’incrédulité », The tournament reste cependant un divertissement pop corn solide et sympathique. Truffé de scènes d’action réjouissantes, d’explosions dévastatrices et d’une violence gore inouïe, le métrage de Scott Mann se déroule à un rythme effréné et ne dévie jamais de sa ligne directrice, laquelle consiste à aligner le maximum de spectacle en un minimum de temps.

Nous sommes donc loin d’un impérissable chef d’œuvre du septième art et il est même assez absurde de considérer un tel concentré de bêtises comme de l’art mais The tournament reste divertissant et atteint pleinement ses objectifs, aussi limités qu’ils soient. A voir avec une bière et du popcorn !

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