Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Lorsque Cassie danseuse exotique tombe sur une transaction de drogue qui tourne mal : elle vole l'argent et la drogue pensant qu'elle a maintenant les fonds nécessaires pour réaliser son rêve et aller reconstruire une nouvelle vie à Paris. Mais attendre trois jours pour obtenir son passeport s'avère plus difficile qu’elle le pensait quand tout le monde qu'elle connaît : son ex-petit ami, son patron toxicomane, sa colocataire lesbienne, et le propriétaire légitime de l'argent décident de se lancer dans l'action. Mais Cassie est prête à enjamber tous les corps qui se mettront sur son passage.
Cassie et Jack vivent une histoire d’amour chaotique, faite de "Je t’aime... moi non plus" et d’incessantes tromperies. Irrité par les gifles que lui assène sa petite amie, Jack largue sa moitié sur la route, l’invitant à faire le reste du chemin à pieds. Cassie se met alors en quête d’une bonne âme qui acceptera de la raccompagner et assiste malgré elle à une transaction de drogue qui tourne mal. Elle vole l’argent et la drogue et imagine déjà sa future vie à Paris, ville qu’elle rêve d’habiter depuis sa plus tendre enfance. Mais de nombreux imprévus surgissent durant les trois jours nécessaires à l’obtention de son passeport...
Le Canadien Lee Demarbre abandonne un temps le registre de l’horreur (Summer’s blood, Smash cut) pour celui du thriller. Toujours aussi intéressé par les galbes délicieusement dessinées de pépées sculpturales, il reprend sous son aile Cynthia Burke et Jennilee Murray (la poupée de Smash cut), toutes deux au casting de ses deux précédents longs métrages. Il leur adjoint Sarah Allen (Fenêtre secrète) qui écope du premier rôle, celui de Cassie, qui, selon la tagline, "s’est déshabillée et va maintenant vous plumer". De fait, l’action dont l’essentiel se produit dans une boîte de strip-tease, offre une pléthore de corps languissants et de courbes frémissantes sur la scène du club sobrement appelé "Tease". L’intrigue, cousue de fil blanc, collectionne les rebondissements prévisibles et se pare d’un style "tarantinien", multipliant les personnages et les parant tous d’un rôle sur l’échiquier élaboré par Christine Conradt et
Ian Driscoll, les deux fidèles collaborateurs scénaristes de Demarbre.
L’abandon du domaine de l’horreur n’empêche pas Demarbre de poursuivre sa chronique sociale, déjà entamée dans le caustiquement réaliste Smash cut. Sa cible ? Les gens de la nuit (trafiquants comme strip-teaseuses) qui tous sont obnubilés par la quête du numéraire (pour son intérêt propre ou celui des autres), seul capable de mettre fin à leur calvaire. Saint Graal suprême, le gain est perçu comme
une alternative obligatoire afin de prendre sa revanche sur un passé pourri (l’inceste pour Kyla et Howie) ou sur un présent misérable (Cassie contrainte de se dénuder en public pour survivre, Jack qui veut devenir son propre patron). Les rêves parisiens de Cassie volent en éclats dès que Jack actionne la chasse d’eau : le retour à la réalité chez Demarbre est toujours plus jubilatoire que les cache-misère. La recette n’évolue donc pas d’un iota en comparaison des milliers d’oeuvres décrivant de pareilles mésaventures ; les ingrédients quant à eux bénéficient ici d’un traitement particulier, le métrage s’attardant, de manière plus ou moins équitable, sur les fardeaux de chaque personnage, leur procurant ainsi davantage d’épaisseur.
Stripped naked se révèle de plus en plus intéressant au fur et à mesure que l’intrigue se déroule. L’intérêt ne se situe nullement dans les mécanismes mal huilés d’une histoire des plus conventionnelle, mais plutôt dans la peinture réaliste de cette galerie de désoeuvrés.
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