Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Sam Walczak, représentante d'une compagnie de démolition, supervisant le rasage d'un mystérieux immeuble, découvre d'horribles secrets et le passé des habitants qui y ont été emmurés vivants.
Saw Walczak bosse depuis peu dans la boîte de démolition de son paternel. Celui-ci lui offre un projet en solo qui lui permettra de faire ses armes et de, peut-être, décrocher le statut d’associé au sein de l’entreprise. La jeune femme se rend donc dans un grand immeuble, érigé selon les plans de Malestrazza, légende de l’architecture, voué à retourner à l’état de cendres (le bâtiment, pas l’ingénieur). Car l’architecte s’est vu décerné un aller simple pour le Styx à l’intérieur des murs de la bâtisse où a eu lieu quelques années auparavant un carnage des plus sanglant : une douzaine de personnes ont été retrouvées emmurées, ensevelies sous des litres de ciment. En faisant des recherches sur la vie cachée du maniaque, Sam est progressivement confrontée à une réalité sombre et effrayante où ressurgit son propre passé obscur. Elle va devoir l’affronter sous peine de devenir elle-même la prochaine victime...
Basé sur le roman Les emmurés de Serge Brussolo, auteur de la série pour la jeunesse Peggy Sue et les fantômes, Walled in est une production franco-canadienne réalisée par Gilles Paquet-Brenner (Gomez et Tavares, Les jolies choses) qui signe là son premier long en langue anglaise. Et son premier essai dans le registre de l’horreur par la même occasion. Essentiellement concentrée sur l’évolution physique et psychologique de son héroïne au sein de cet environnement inquiétant, la pellicule libère dès la pénétration dans l’enceinte baroque une atmosphère pesante, entretenue par les étranges irréductibles qui n’ont pas déserté les lieux, contrairement à la grande majorité des habitants qui ont pris la tangente sans laisser d’adresse une fois les crimes révélés au grand jour. Restent sur place la concierge et son rejeton, lequel lorgne sur les gambettes de la jeune ingénieur et entend soumettre à ses soins son précieux pucelage, un vieux Noir impotent et une octogénaire en pleine crise d’Alzheimer. Une galerie de pensionnaires aussi lugubres que les lieux dans lesquels ils végètent et qu’ils semblent secrètement protéger. "Vous êtes notre sauveur, Sam" ne cesse pourtant de seriner la concierge (Deborah Kara Unger, vue dans La voix des morts et Silent hill) à l’ingénieure venue anéantir une partie de leur histoire en prévoyant les
zones d’impact de la démolition à venir. Au fur et à mesure, les pièces du puzzle trouvent leur place, les cadavres sont sortis des placards et les traumas percés à jour, sans que ceux-ci n’occupent une place déterminante au sein de l’intrigue qui se focalise uniquement sur la relation ambiguë qu’entretiennent Sam et le jeune Jimmy (Cameron Bright, le jeune Adam de Godsend, également vu dans la saga Twilight).
Le spectateur, peu tenu en haleine par cet ensemble de scènes convenues (l’exploration du huitième étage), émaillé de rebondissements largement prévisibles, devra patienter une bonne heure avant de découvrir le pot aux roses et pourra alors commencer à s’imbiber de l’ambiance jusque-là minée par le perpétuel recul qu’impose la mise en scène et les incessants clichés du type maison hantée. La dernière partie du métrage s’insinue sur le domaine de la tension psychologique et resserre encore un peu plus son espace, suscitant enfin le malaise via un huis clos des plus étouffant. Trop peu pour marquer durablement les esprits...
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Une seule chose à dire : lisez le roman ! ("Les emmurés").