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Malibu, Californie. Un tremblement de terre sous-marin provoque un tsunami qui vient frapper les côtes, occasionnant d’importants dégâts. La vague géante a également transporté non loin des plages une meute de requins lutins, squales préhistoriques qui vivent normalement dans des eaux profondes. Affamés, ces derniers vont s’en prendre aux personnes bloquées dans le bâtiment des gardes-côtes qui attendent sagement les secours...
Sous ce titre prometteur (au moins d’une bonne dose de ringardise) se cache une modeste production SyFy que l’on pourrait résumer, très grossièrement, par la rencontre des Dents de la mer (ou de Peur bleue…ou de Shark attack) avec « Alerte à Malibu ».
Alors que la plupart des « sharksploitations » utilisent un seul requin géant, généralement un Grand Blanc, la principale innovation de Malibu shark attack réside dans l’utilisation d’une horde de « requins lutins », des créatures qui existent réellement mais vivent habituellement en
grande profondeur. D’une taille d’environ 4 mètres, ces squales se caractérisent par un aspect disgracieux un peu « préhistorique » et une protubérance très particulière. Assez grotesque en apparence, la bête n’en est pas moins redoutable mais n’a généralement guère l’occasion de croiser les humains et ne fut d’ailleurs découverte qu’à la fin du XIXème siècle. Dans ce modeste téléfilm, un raz-de-marée va remuer les fonds marins et ramener vers le rivage une horde de ces requins lutins, lesquels passeront l’essentiel du métrage à terroriser une bande de sauveteurs réfugiés dans une cabine partiellement immergée.
Production télévisuelle oblige, Malibu shark attack fonctionne évidemment sur un budget restreint qui ne permet guère de miracle. Le redoutable tsunami fait donc peine à voir tant les effets visuels sont médiocres et peu crédibles. Les destructions résultant de son passage seront, elles, limitées à de brefs plans de plages encombrés de débris échoués. Les images d’archives et les vues d’une autoroute bondée tentent maladroitement de donner le change mais ne sont guère plus convaincantes. La seconde moitié du film, pour sa part, évacue pratiquement tous les personnages secondaires pour se concentrer sur la petite dizaine de survivants menacés par les poissons affamés. Comment une petite cabane de sauveteurs peut elle rester intacte après avoir été frappée par des vagues de trente mètres de haut détruisant tout une ville sur leur passage est, évidemment, une question qu’il vaut mieux éviter de poser.
En ce qui concerne les squales eux-mêmes, leur design se montre original et relativement sympathique mais les plans sans cesse répété d’un requin en images de synthèse claquant des mâchoires fatigueront les plus endurcis. Néanmoins on a vu bien pire dans ce type de production de série et les effets spéciaux se montrent généralement acceptables à condition, bien sûr, de ne pas espérer des miracles dignes d’un blockbuster.
Au niveau des personnages proposés, Malibu shark attack n’innove guère et aligne un beau nombre de clichés sur pattes. Le beau sauveteur et son rival fortuné se disputent logiquement les faveurs de l’héroïne autoproclamée tandis qu’une blonde écervelée accomplit en rechignant sa peine de 100 heures d’intérêt général et découvre le sens de la vie après une petite blessure à la jambe (« je ne pourrais plus jamais me montrer en bikini, mon physique c’est tout ce que j’ai »). La routine. Peta Wilson, vue dans le rôle titre de la série télévisée « La Femme Nikita » puis dans Superman returns et La ligue des gentlemen extraordinaires
s’octroie le rôle principal même si celui-ci se révèle essentiellement décoratif. Les autres acteurs sont, pour leur part, débutants ou inconnus et leur performance totalement routinières (peu aidées il est vrai par un script inepte) ne promet rien de bien glorieux pour la suite de leur carrière.
Très prévisible dans son déroulement, Malibu shark attack va heureusement assez vite à l’essentiel, plaçant au bout d’une petite demi-heure ses protagonistes en fâcheuse posture en les confrontant aux redoutables squales. L’heure suivante consistera essentiellement en une suite d’attaques répétitives mais sympathiques tandis que les personnages oublient classiquement leurs petites rivalités pour faire front face à l’adversité.
Une des rares innovations du métrage consiste d’ailleurs à montrer les humains rendre coups pour coups en utilisant grenades, harpons, fusils, scie circulaire et même tronçonneuse pour éliminer la menace. Des séquences amusantes et très « bis », hélas gâchées par la pauvreté des trucages, les interactions entre les hommes et les squales étant aux limites du ridicule. Les nombreuses invraisemblances n’aident pas vraiment à élever un niveau plutôt bas mais Malibu shark attack se laisse néanmoins regarder distraitement et sans trop de déplaisir pour les inconditionnels de la sharksploitation.
En dépit de ses nombreuses faiblesses et d’un budget bien trop modeste, le film s’avère au final plus fréquentable que la moyenne des productions Nu Image similaires sorties durant les années 2000 (comme Shark attack par exemple) et constitue une petite gourmandise bien ringarde à consommer avec de la bière et du popcorn.
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