Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Une jeune étudiante dans la police abat un cambrioleur dès sa première ronde. Incapable de prouver sa légitime défense, elle est suspendue. Rapidement, elle est plongée dans un jeu du chat et de la souris avec un tueur psychopathe obsédé par elle.
Depuis sa plus tendre enfance, Megan Turner rêve d’endosser l’uniforme de la police. Son examen réussi, c’est avec joie qu’elle entame l’une de ses premières rondes de nuit. Mais, lorsqu’elle assiste à un hold-up dans une épicerie, elle ne peut se retenir d’intervenir et vide l’intégralité de son chargeur dans la poitrine du junkie qui braquait les lieux. Un inconnu, figure anonyme témoin de la scène, subtilise l’arme et s’en va. Coupable d’une intervention extrêmement violente sur un suspect présumé armé, Megan est placée sur la touche. Le cauchemar ne fait que commencer car ses collègues découvrent un cadavre tué à l’aide de balles sur lesquelles est gravé le nom de Megan Turner...
Artiste-peintre à l’origine, Kathryn Bigelow entre progressivement dans le monde du septième art et fréquente les cours de Milos Forman. Co-scénariste et co-réalisatrice avec Monty Montgomery de The loveless, hommage aux films de motards des 50’s et réalisatrice du baroque Near dark, western vampirique, Bigelow entreprend, toujours secondée au scénario par Eric Red, de créer un film d’action avec une femme pour vedette. Blue steel, à la croisée de plusieurs genres (thriller, polar et psychologique), est en ce sens l’alter ego urbain d’Aliens de James Cameron dont la réalisatrice a partagé l’intimité durant quelques temps. En lieu et place du lieutenant Ripley, incarné par Sigourney Weaver, Jamie Lee Curtis campe un personnage féminin excessivement réaliste qui doit lutter contre un monstre de fanatisme, fasciné par cet être qui a le pouvoir de vie et de mort et touche par-là même au divin.
Âpre et violent, Blue steel se distingue des habituelles peintures légères de femmes burnées qui tentent de faire leur trou dans un milieu exclusivement
masculin. Fignolé avec beaucoup de soin, le script présente plutôt un personnage asexué (paradoxalement), au bord de la rupture, qui découvre ses propres capacités dans l’adversité. En guise d’adversité, l’héroïne croise la route d’Eugène (Ron Silver), un maniaque avide de pouvoir (voir le premier meurtre qu’il commet avec une jouissance non-dissimulée) qui ne va pas se contenter d’apeurer sa proie mais s’immiscer au sein de sa vie privée et côtoyer ses proches.
Blue steel parvient à désorienter le spectateur à force de déstabiliser son héroïne. Visuellement très soigné, le film capitalise essentiellement sur les prestations étonnantes de son tandem d’acteurs (Curtis et Silver) qui suffisent à instaurer un climax des plus prenant.
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