Critique de film

Insidious

"Insidious"
affiche du film

Josh, son épouse et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l'aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après. Un médium leur révèle alors que l'âme de leur fils se trouve quelque part entre la vie et la mort, dans la dimension astrale, et que les manifestations sont l'oeuvre de forces maléfiques voulant s'emparer de son enveloppe corporelle. Pour le sauver, Josh va devoir lui aussi quitter son corps et s'aventurer dans l'au-delà...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Insidious - Train fantôme à grande vitesse
Par : Damien Taymans
Tags : Diable et démons, Fantômes

Josh, son épouse Renai et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison quand l’aîné sombre inexplicablement dans le coma. Les médecins patinent dans la mélasse, le gamin est rapatrié à domicile tandis que Josh multiplie les heures de correction pour pouvoir payer les soins de son fils. Laissée seule en sa compagnie à la maison, Renai doit faire face à une succession de phénomènes paranormaux...

Depuis le coup d’éclat Saw, l’Australien James Wan a multiplié les incursions dans différents genres pour autant de réussites : après le film de trouille d’inspiration gothique (Dead silence), le vigilante ultra-burné (Death Sentence et son Kevin Bacon vénère), Wan s’insinue dans les ténèbres via une histoire de maison hantée avec Insidious. En la matière, tout ou presque a déjà été exploité, le récent diptyque Paranormal activity ayant en outre enfoncé la touche "documenteur". C’est pourtant sous l’impulsion d’Oren Peli, réalisateur du premier épisode, que naît Insidious, scénarisé par le complice de toujours de Wan, Leigh Whannell.

Si Dead silence puisait son imagerie dans le cinéma des années 50 et 60, Insidious semble tout droit sorti des deux décennies suivantes, celles-là même qui ont vu émerger les franchises Poltergeist, Amityville et House. Ne cédant pas à la tendance ultramonstrative actuelle, James Wan privilégie le jeu des ombres, s’amuse avec le champ-contre-champ, taquine le spectateur en multipliant les angles de caméra et, du coup, crée l’effroi via quelques jump-scares parcimonieusement disséminé au sein des quarante-cinq premières minutes de l’oeuvre. La sensation d’étouffement progresse, assaille l’héroïne comme les spectateurs, qui ne bénéficient d’une bouffée d’air que lors d’un déménagement s’avérant au final inutile. Variation de tons, changement d’ambiance, mise en scène plus éthérée préparant inéluctablement à une nouvelle angoisse. En suivant cette dynamique de montagnes russes, Insidious capte totalement l’attention et investit le spectateur, lui conférant un rôle de témoin alerte (aucun resserrement focal, le témoin doit chercher dans l’entièreté du cadre les nouveaux signes d’une manifestation paranormale). Original en diable (expression des plus adéquate), Insidious se défait des références précitées pour en épouser une autre, parangon des films de fantômes, le Shining de Stanley Kubrick, ressuscité musicalement grâce à quelques assauts de cordes et formellement grâce à la maestria de James Wan.

Cette prodigieuse première partie dévoie ensuite dans le registre du burlesque. Par l’introduction d’un tandem de spécialistes emmanchés d’abord et via la pénétration de ténèbres, décrites avec la même folie baroque que les couloirs de l’au-delà de Beetlejuice, ensuite. Choix dommageable qui parfume l’ensemble d’effluves dignes du Jusqu’en enfer de Sam Raimi, l’art du décalage en moins. Indépendamment de son entame, ce second volet aurait pu s’avérer convaincant ; successivement à un premier tableau extrêmement flippant, il tourne finalement à vide.

Insidious confirme l’art de son géniteur dans la création d’atmosphère. Un pur film de flippe capable de faire sauter le bouchon d’un trouillomètre exténué par les pseudo effets de ses prédécesseurs documenteurs. Avec quelques fausses notes finales qui entravent son accession au panthéon des chefs-d’oeuvre indiscutables.


Critique de Insidious - Paranormal poltergeists activity
Par : Samuel Tubez

Les créateurs de Saw reviennent avec ce qui est d’ores et déjà considéré comme le film le plus rentable de 2011. Avec son budget de seulement 1,5 million de dollars, Insidious a déjà remporté une jolie mise au box-office américain. Une belle réussite pour ce film de hantise à l’ancienne qui pourrait bien être à l’origine d’une nouvelle franchise juteuse…

Les Lambert, une jolie petite famille composée de Josh, son épouse ainsi que leurs trois enfants, viennent à peine d’emménager dans leur nouvelle maison afin d’entamer un nouveau départ qu’un malheur les touche de la façon la plus pernicieuse qui soit. En effet, leur fils l’aîné se retrouve dans un coma inexpliqué qui cache en réalité un phénomène de possession des plus dangereux. L’esprit de ce dernier est en effet perdu dans une dimension astrale, ce qui a libéré des forces maléfiques voulant s’emparer de son enveloppe charnelle. Avec l’aide d’une médium et de son équipe, son père Josh va devoir à son tour s’aventurer dans l’au-delà afin de le faire revenir dans le monde des vivants…

Bien que votre serviteur se soit protégé de toute information relative à l’histoire du film (aucun résumé ni bande-annonce ne fut visionnée, juré-craché !), il n’a jamais été surpris par le déroulement de cet Insidious majoritairement (et étonnamment) encensé par la presse spécialisée. Bourré d’effets et de lieux communs déjà vus maintes fois ailleurs, le film de James Wan ne possède strictement aucune bonne surprise au niveau de son script (même la pseudo-révélation du pouvoir héréditaire transmis par le père se voit venir à des kilomètres). Par contre, des mauvaises surprises, il y en a un paquet. S’il part de la bonne intention de renouer avec le film de frousse à l’ancienne (Poltergeist et L’emprise en tête, la présence de Barbara Hershey au casting n’étant pas innocente), Insidious ne fait qu’entasser les clichés. Au programme : des portes qui claquent, des livres qui changent d’emplacement, un babyphone qui émet d’étranges sons, des fantômes enfarinés (joli maquillage de Carnaval !), un démon ridicule arborant un faciès inspiré de Darth Maul, une vieille médium accompagnée de son duo d’assistants, etc. etc. Même si James Wan fait preuve d’un certain talent pour instaurer une atmosphère anxiogène dans les 45 premières minutes de son métrage, et qu’il s’amuse à dissimuler dans les moindres recoins de ses plans des éléments paranormaux faisant ainsi pleinement participer le spectateur à son « train fantôme », les connaisseurs risquent néanmoins de s’ennuyer très rapidement devant les jumps scares et autres apparitions convenues qui parsèment le film. Heureusement le casting, et plus particulièrement Patrick Wilson (Hard candy, Watchmen) et Rose Byrne (X-Men first class) sont plutôt investis dans leurs rôles respectifs, ce qui maintient l’intérêt du spectateur jusqu’au générique final. Ca en fait au moins deux qui croient aux fantômes !

A moins d’être parfaitement novice en la matière, Insidious ne risque pas de surprendre les amateurs de poltergeists et autres manifestations paranormales au ciné. Ni aussi traumatisant que les modèles dont il s’inspire (Poltergeist et L’emprise en tête) ni même fun comme l’était Drag me to Hell, Insidious empile les lieux communs et ose la rupture de ton dans une seconde partie qui laisse définitivement la trouille sur la touche au profit d’un ton davantage grand-guignolesque frisant le ridicule. Même pas peur !


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