Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Durant les vacances de Noël, les étudiantes d'une école pour filles organisent une soirée où les garçons ne tardent pas à les rejoindre. Mais un meurtrier se glisse parmi les jeunes et commencent à les tuer un par un. La police essaye de protéger les jeunes mais en vain. Les meurtres auraient-ils un rapport avec la mort d'une jeune fille lors d'un bizutage quelques années auparavant ?
Modeste slasher au budget microscopique, Terreur dans la nuit constitue l’unique mise en scène de l’acteur David Hess, célèbre pour ses rôles de psychopathes dans La dernière maison sur la gauche, La maison au fond du parc ou encore La proie de l’autostop. Aujourd’hui largement oublié, Terreur dans la nuit appartient à cette vague de métrages mettant en scène un tueur déguisé en Père Noel, à la manière du sketch d’Histoires d’outre-tombe et de productions aussi diverses que Black christmas, Christmas evil, Don’t open till Christmas ou la fameuse saga Douce nuit sanglante nuit, laquelle s’attire une
publicité tapageuse en présentant Santa Claus comme un psychopathe. La mode, d’ailleurs, perdura dans les décennies ultérieures via par exemple Rare exports, Very bad Santa ou l’excellent téléfilm Un conte de Noël de l’anthologie espagnole « Scary Stories ».
L’intrigue de Terreur dans la nuit n’innove absolument pas et débute sur un campus par un horrible accident qui survient durant une séance de bizutage se déroulant à Noël. Deux ans s’écoulent et nous voici de nouveau aux vacances de Noël, une époque où la plupart des étudiants ont quitté l’université pour rentrer dans leur famille. Seule une poignée de jeunes demoiselles sont restées dans leur logement, bien décidées à faire la fête aux côtés de leur petit copain. La timide Nancy parait, elle, peut à sa place en pareille compagnie et s’attire la sympathie du gardien, Fast Ralph, un attardé mental qui n’apprécie guère cette jeunesses dévergondée. Souhaitant s’offrir une nuit de joyeuse débauche, les étudiantes droguent le lait chaud de la responsable, Mrs Jensen, afin de ne pas être dérangées durant leurs ébats. A la nuit tombée, un quatuor de garçons (hé hé !) débarque de leur avion privé et les beaux mâles viennent rejoindre les nymphettes nymphomanes pour une grande fête qui consiste essentiellement à chanter des chansons et à jouer de la guitare. Bref, un peu plus tard, un maniaque homicide déguisé en Père Noël s’invite dans la petite sauterie et commence un véritable carnage à grands coups de hache. La nuit sera longue…
Terreur dans la nuit déroule une intrigue linéaire fonctionnant de
manière éminemment répétitive : des jeunes discutent, se déshabillent, se câlinent et sont trucidés.
La seule originalité du métrage réside dans la découverte, à mi-parcours, de l’existence d’un tueur ayant pris pour cible nos étudiantes. Au matin, suite à la découverte du corps de Ralph, la police est appelée à la rescousse même si les survivants se fichent complètement de savoir ce que leurs supposés amis sont devenus. En dépit de la surveillance policière, le massacre reprend donc, logiquement, dès la nuit suivante…
Hélas, le métrage est si sombre qu’il s’avère quasiment impossible de distinguer quoique ce soit et, sans doute pour économiser sur de couteux effets de maquillage, l’essentiel des crimes prend place hors champ. Frustrant. David Hess se montre en outre tout aussi pingre sur la nudité et, malgré un lourd passif dans le cinéma d’exploitation, fait preuve d’une pudibonderie regrettable.
Pour un slasher des années ’80, Terreur dans la nuit ne lésine pas sur les meurtres, lesquels surviennent de manière régulière durant la première demi-heure, avant un ventre mou des plus regrettables. Adoptant une construction bizarre ruinant totalement le suspense, le métrage se déroule, en effet, sur deux jours. Après un premier carnage, les protagonistes survivants papotent longuement et s’estiment tirer d’affaire avant que le meurtrier costumé ne revienne pour un deuxième tour de piste. Une idée certes originale mais, surtout, complètement stupide qui annihile toute tentative de suspense et supprime également toute crédibilité au métrage tant le scénariste peine pour justifier l’incroyable bêtise des protagonistes.
L’identité et les motivations du tueur étant évidentes dès le départ,
Terreur dans la nuit ajoute un petit twist sympathique pour ajouter un peu de piment à une intrigue balisé mais cela ne suffit pas à sauver l’ensemble de l’ennui.
Au niveau de l’horreur, si Terreur dans la nuit offre une quantité appréciable de meurtres, la qualité, elle, n’est guère au rendez-vous, entre les crimes commis hors champs et ceux se déroulant dans une pénible obscurité, le spectateur ne voit littéralement rien de ce qui se passe ! L’apprenti cinéaste David Hess étant revenu dans plusieurs entretiens sur les difficultés rencontrées lors du tournage (un budget dérisoire, des acteurs recalés de tous les castings, et l’impossibilité de re-filmer les plans ratés par manque de temps et d’argent), difficile de lui en vouloir pour le piètre résultat, d’autant qu’en dépit de ses criantes faiblesses Terreur dans la nuit constitua un petit « hit » des vidéoclubs au début des années ’80.
Production routinière que rien ne distingue des innombrables slashers sortis à la même époque, Terreur dans la nuit s’avère trop languissant et ennuyeux pour être aujourd’hui conseillé, excepté pour les inconditionnels du genre ou les curieux désireux de jeter un œil à l’unique réalisation d’un acteur emblématique du cinéma d’exploitation horrifique. Cela dit, dans le même genre, on a vu bien pire…
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