Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Au début du XIXème siècle, dans une Europe harassée par les guerres Napoléoniennes, une troupe d’artistes ambulants est invitée dans son château par le comte Drago (Christopher Lee). L’aristocrate est un fou excentrique passionné par la taxidermie. En effet, le château est rempli d’animaux embaumés ayant un air étrangement vivant. Eric (Philippe Leroy), et Laura (Gaia Germani) vont bientôt découvrir que la passion du comte le mène à d’horribles expériences, et ne se limite pas qu’aux animaux…
Cette modeste mais plaisante production franco-italienne, restée inédite chez nous depuis près d’un demi-siècle, se voit, enfin, rendue accessible au plus grand nombre via un dvd édité par les infatigables défricheurs d’Artus Films. Cette galette, vendue à petit prix et comprenant un bonus d’Alain Petite, permet de redécouvrir une oeuvrette sympathique, dans la tradition des classiques de Mario Bava ou Antonio Margheriti. Prévenons tout de suite les amateurs de zombies et autres goules : aucun mort vivant ne peuple ce château sinon très fréquentable.
L’intrigue, située après les guerres napoléoniennes, concerne une troupe de théâtre invitée à se produire dans le château isolé du comte Drago. En dépit des prophéties menaçantes d’une sorcière, les artistes effectuent leur représentation mais découvrent également la macabre passion de leur hôte, lequel a développé une méthode permettant de « figer » les êtres vivants afin que leur beauté, momifiée, subsiste éternellement.
Plaisant exemple de fantastique gothique comme l’Italie en produisait beaucoup à l’époque, Le château des morts-vivants s’appuie, bien évidemment, sur la présence classieuse du magnétique Christopher Lee. Ce-dernier, toujours impeccable, s’octroie une entrée en scène en forme de clin d’œil au Cauchemar de Dracula. Lee domine une distribution comprenant, également, le jeune Donald Sutherland, lequel, pour son premier métrage destiné aux grands écrans, s’octroie pas moins de trois rôles différents, dont celui d’une vieille sorcière. Enfin, Le château des morts-vivants convie également l’acteur parisien Philippe Leroy dont la carrière pléthorique (plus de 170 titres au compteur) va de Portier de nuit à Mother of tears en passant par Hiver 54.
Aux postes de réalisateurs se trouvent Luciano Ricci (alias Herbert Wise), Lorenzo Sabatini (alias Warren Kiefer) et un Michael Reeves non crédité. Le premier, décédé à 44 ans, a réalisé quatre longs-métrages dont le péplum réputé Seul contre Rome. Le second, Lorenzo Sabatini, a seulement tourné trois films, dont une
version de Juliette de Sade en 1969. Enfin, Michael Reeves, alors âgé de 20 ans, débutait là une carrière fulgurante qui se termina tragiquement quelques années plus tard après la sortie de son classique Le grand inquisiteur, le cinéaste ayant succombé à une involontaire overdose de barbiturique à seulement 25 ans.
Le château des morts-vivants débute par une séquence humoristique au cours de laquelle un condamné à la pendaison se joue de son bourreau et finit par lui passer la corde au cou. Une introduction surprenante avant que les cinéastes ne révèlent qu’il s’agit simplement d’une pièce de théâtre jouée par une petite troupe disparate comprenant, entre autre, une jeune demoiselle et un nain. En dépit d’un rythme un peu languissant et d’une regrettable absence de frissons, Le château des morts-vivants se suit avec plaisir et l’arrivée au château du comte Drago permet de jolies séquences non dénués d’un certain humour noir. Les cinéastes tirent adéquatement profit d’un décor de qualité, explorent le castel de fond en comble et se perdent dans un jardin curieusement décoré de statues animalières gigantesques.
Si certains passages versent dans le ridicule (en particuliers l’image
figée d’un chat suggérant la pétrification du félin après l’absorption d’une drogue), l’atmosphère onirique fonctionne avec bonheur et le final, inspiré de House of wax, dévoile les macabres agissements du comte avec panache. La photographie en noir et blanc de haute tenue contribue, elle aussi, à ce climat étrange et poétique et rend Le château des morts-vivants efficace et agréable.
Malgré un déroulement un peu prévisible et un scénario pas toujours très cohérent, ce métrage peu connu mérite d’être redécouvert par les nostalgiques du fantastique gothique européen des années ’60. Sans rivaliser avec les chefs d’œuvres du genre, Le château des morts-vivants se regarde avec plaisir et saura divertir les amateurs à condition qu’ils ne soient pas rebutés par son rythme un peu lent et son absence d’éléments réellement effrayant. En tout cas, encore une belle sortie à l’actif d’Artus !

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c tro nul sza pu la merde se film