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Patrick et Carol sont deux frères jumeaux venant juste de terminer leurs études universitaires. Ils vivent dans une petite ville américaine de banlieue avec leur jeune frère Beetle. Un jour, la belle Wendy, une amie de l'université, disparaît. Un moment difficile pour les deux jumeaux, secrètement amoureux de la jeune femme. En se baladant dans les bois, les frères vont tomber sur le cadavre de Wendy. Un cadavre, mais vivant... Les jumeaux vont alors ramener la jeune femme chez eux et essayer d'en prendre soin en secret.
Distribué dans nos contrées par Emilya, Zombie Lover, Make-out with violence de son titre original, peut se targuer d’avoir suivi un parcours hors du commun pour une petite création indépendante doté d’un maigre budget de 150.000 dollars. Sorti chez nous par le biais d’un DTV plutôt généreux en bonus, le film des frères Deagol connut avant cela les honneurs de nombreuses récompenses comme le Grand Prix du Jury au Festival d’Atlanta, une Mention Spéciale au Festival de Sainte-Maxime, le Prix du Jury à Oxford ou encore le prix de la meilleur réalisation au Magnolia Independent Film Festival.
Autant de titres qui, sans aucun doute, sont dus à l’approche plutôt originale du thème zombiesque. Zombie Lover prend en effet place dans une petite ville américaine où une jeune fille nommée Wendy disparaît sans laisser de trace. Après de nombreuses et infructueuses recherches, elle est déclarée morte par les autorités, nouvelle qui ne manque pas de traumatiser Patrick et Carol, des jumeaux fous amoureux de Wendy. Beetle, leur jeune frère, va néanmoins retrouver celle-ci dans un champ… où ils se rendent compte que le cadavre de la jeune fille est… vivant. Ils décident de le ramener dans leur maison et vont essayer d’en prendre soin.
Rappelant à certains égards le pitch du Deadgirl de Marcel Sarmiento, qui avait créé un certain émoi voici quelques années, celui de Zombie Lover se démarque néanmoins rapidement de l’exemple précité, ne fût que par son caractère moins trash. C’est d’ailleurs au développement d’une certaine idée de romantisme que s’attèlent les frères Deagol dès le début très bavard de leur film. Sans jamais parvenir à réellement captiver et souffrant même d’une énorme ineptie scénaristique (qui est néanmoins expliquée dans les bonus du DVD) dès son entame, l’œuvre fait néanmoins preuve d’une certaine poésie qui parvient à emmener le spectateur vers des thématiques encore inexplorées dans les films de zombies.
Doté d’une éblouissante bande originale qui le transforme parfois en véritable ballade rock hallucinatoire, Zombie Lover connaît donc des moments de fulgurance à peine croyables. Entre morosité, surréalisme, romantisme ou encore humour noir (assez léger, il est vrai), le métrage oscille entre l’excellent et le nettement moins bon, notamment au point de vue visuel. Souffrant d’une énorme économie de moyen mais aussi d’un cadrage flou et perpétuellement à contre-jour, l’ensemble constitue donc une belle surprise mais, surtout, une œuvre imparfaite qui aurait pu mériter un meilleur traitement formel.
Grande baffe pour certains, œuvre simplement respectable pour d’autres, Zombie Lover est avant tout un film arythmique et mal torché qui relève simplement la gageure de captiver presque de bout en bout le spectateur. Revisitant de manière intelligente le sous-genre zombiesque, les frères Deagol proposent un spectacle aussi généreux qu’il n’est inégal…
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