Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Jack est au bout du rouleau : fauché, voisins étranges, vivant dans une cabane perdue et cela avec une femme dans le coma. Au final, Jack va se mettre à péter les boulons et commencer à imaginer des choses et finit par zigouiller sa femme. Mais voilà, celle-ci ne semble pas vouloir mourir !
Jack Wade est un gigolo opportuniste qui est loin d’avoir le cul bordé de nouilles. Frankie, son actrice de femme avec au moins vingt ans de plus que lui au compteur, est tombée dans le coma suite à opération de chirurgie esthétique qui a mal tourné. Les finances ont été dilapidées et la famille de Frankie s’oppose vertement à ce que Jack, toy boy notoire, ne touche le moindre centime de ce qui reste. Acculé, Jack décide d’enlever Frankie et de la cacher dans une cabane isolée qu’il a gagnée au poker, espérant ainsi toucher l’assurance-vie de sa femme (c’est tordu, mais c’est comme ça). Durant son séjour, il fait la connaissance de Kate, shérif du patelin aux atours délicieux qui laissent présager une bonne scène de cul adultérine par la suite (et effectivement, ils vont craquer du feuillage dans un cinq à sept sylvestre). Mais ce que Jack ignore, c’est que sa fameuse cabane a été le théâtre d’un drame horrible il y a quarante ans de cela – une
famille décimée par un patriarche qui a perdu la boule – et qu’en plus, elle est construite (tenez-vous bien) sur un ancien cimetière indien !
Bon, hé bien, la messe est dite : s’ensuivent des hallucinations morbides, un retour putréfié de madame Frankie, des poursuites à la hache dans les bois, quelques démembrements obligés pour bénéficier du label gore et du CGI au rabais pour le côté indépendant.
Même en acceptant les prémisses bancales du film (est-il possible de kidnapper discrètement une personne comateuse harnachée à une batterie médicale de tubes et d’ECG ? Peut-on sincèrement espérer toucher du pognon de l’assurance-vie en agissant de la sorte ? S’il la tue, c’est makache pour l’artiche et s’il la laisse branchée, c’est kif kif !), son développement ultérieur ne fait qu’aggraver son cas : Jack coupe du bois en singlet (j’ai cru qu’il allait s’ouvrir une canette de coca au ralenti), Jack dessine aussi sur le perron car, en plus d’être un manuel, c’est un artiste sensible. Jack s’engueule avec la vision cauchemardesque de sa femme, Jack tue sa femme, mais elle revient lui chier dans les bottes. Malgré cela, Jack reste dans la cabane car il doit absolument perdre la tête pour terminer le film.
Pour faire grimper la tension (ou l’attention), Sasson pompe allègrement Sam Raimi dans ses premiers offices, utilise des artifices tels que la ritournelle supposément angoissante de Harry Manfredini - qui a connu son âge d’or dans les années 80’ avec des films tels que Vendredi 13, House, La Colline a des Yeux -, ou des plans accélérés qui parsèment le film jusqu’à l’écœurement. Et l’utilisation abusive d’angles brisés censés refléter la lente déréliction mentale du héros n’est qu’un cache-misère de plus pour un scénario inexistant. La stupeur est d’ailleurs au rendez-vous lorsque l’on sait que l’auteur de cette vacuité scénaristique n’est autre qu’Harry Shannon, écrivain réputé outre-Atlantique (Bad Seed ou encore
Night of the Beast).
Dans ce naufrage au tagline incroyablement présomptueux – Evil Dead rencontre David Lynch (à quel moment ? Je cherche toujours…) – les acteurs font ce qu’ils peuvent pour rester à la surface : Quentin Jones dans le rôle de Jack boit la tasse à plusieurs reprises, Gillian Shure (Disturbia) cherche désespérément une bouée de sauvetage pour sortir de ce traquenard cinématographique, et le seul passe-temps encore amusant pour tenir le coup jusqu’au bout, c’est de comptabiliser les nombreux caméos du film : Kyle Gass, le deuxième larron des Tenacious D avec Jack Black, Felissa Rose (Sleepaway Camp, Satan’s Playground), Ben Moody (guitariste de feu le groupe Evanescence) ou encore Zach Ward (Resident Evil : Apocalypse, Transformers, Postal).
Pot-pourri maladroit des gros clichés du genre, Dead and Gone porte un titre prémonitoire puisque c’est exactement l’impression qu’en aura le spectateur : un arrière-goût de déception qui s’évanouira vingt minutes après la vision de ce film oubliable qui n’a d’effrayant que son affiche.
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