Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Les nazis ont inventé une drogue qui permet de ramener leurs soldats morts à la vie, ce qui va leur permettre de renforcer leurs troupes et de les rendre plus sanguinaires, mais ils découvrent en plus le secret de Toulon. Ce dernier, dans un état de folie, rentre chez lui et tue sa propre femme. Après cet acte d'horreur, Toulon prépare sa revanche avec ses poupées : les Puppet Master...
La longue saga des Puppet master se poursuit avec ce troisième volet situé durant la Seconde Guerre Mondiale et servant de « préquelle » au premier film.
Berlin, 1941. Les scientifiques au service du Reich tentent l’impossible pour compenser les lourdes pertes de l’armée allemande. Le Dr Hess, par exemple, travaille à une drogue permettant de réanimer les soldats morts au combat et d’en faire de dociles combattants zombies. Malheureusement pour l’Allemagne, les résultats laissent à désirer. Dans le même temps, un marionnettiste, André Toulon, attire l’attention des Nazis en proposant un spectacle qui se moque ouvertement du Führer. Ce Toulon semble également avoir découvert un procédé magique permettant de donner vie à ses pantins de bois.
Le Dr Hess, y voyant un moyen de constituer son armée de zombies, décide de s’en emparer avec l’aide du major Kraus de la Gestapo. Lors de la tentative d’arrestation du marionnettiste, son épouse, Elsa, est abattue, entraînant une terrible vengeance de la part de Toulon, lequel utilise ses poupées comme des armes sanguinaires…
Ancien pornocrate devenu spécialiste du Z à petit budget, David DeCoteau a livré quelques productions d’un intérêt limité au cours des années ’80 (Creepozoids, Sorority babes at the Slimeball Bowl O Rama) avant de se reconvertir dans les films d’horreur gay (la saga Brotherhood) et les adaptations / trahisons d’Edgar Poe (Le corbeau, House of Usher). Pas spécialement doué, le bonhomme témoigne pourtant d’un minimum de professionnalisme et rend Puppet master 3 sympathique et divertissant dans les limites de ses modestes ambitions. Certains fans de la saga considèrent d’ailleurs cette seconde séquelle comme la plus réussie de toutes (dix volets au compteur !) et il faut admettre que l’on ne s’y ennuie pas. Cette préquelle se permet en outre quelques développement intéressants et approfondit, par exemple, la nature des poupées maléfiques, lesquelles sont animées par les âmes ivres de vengeances des amis d’André Toulon abattus par les Nazis.
Tourné, comme souvent avec Full Moon, en Roumanie, Puppet master 3 reconstitue, avec de modestes moyens, une Allemagne Nazie acceptable et raisonnablement convaincante à condition de ne pas chipoter sur les détails. Cet ancrage historique confère d’ailleurs une certaine originalité au métrage et le rend plus intéressant que de la moyenne des séries B destinées aux vidéoclubs. Les teenagers crétins, par exemple, sont avantageusement remplacés par des personnages plus âgés et développés dont les motivations se révèlent mieux définies. L’interprétation s’avère d’ailleurs au-dessus
de la moyenne pour ce style de production hâtivement emballée et Guy Rolfe compose un André Toulon très convaincant, capturant l’aspect tragique du marionnettiste et dévoilant sa soif de vengeance lors d’un final cruel et bien mené. Acteur vétéran ayant débuté sa carrière à la fin des années ’30, Rolfe, alors âgé de 80 ans, tenait déjà un rôle similaire dans Dolls, une précédente production Charles Band ayant servi de tour de piste à la saga Puppet master. On le revit ensuite dans Puppet master 4, Puppet master 5 et, enfin, Retro Puppet master qui fut son dernier film. Richard Lynch, découvert dans le drame Scarecow aux côtés d’Al Pacino, est également de la partie, l’acteur s’étant par la suite spécialisé dans le bis comme en témoigne sa pléthorique filmographie (plus de 150 titres) incluant, entre autres, Les Barbarians, Invasion USA, Alligator 2 ou Cyborg 3.
Au rayon des poupées tueuses elles-mêmes, ce troisième volet reprend les déjà bien connues Blade, Tunneler, Leech et Pinhead et leur donne un nouveau camarade de jeu bien pensé, Six Shooters, un impressionnant cow-boy doté de six bras eux-mêmes armés de
révolver. Les effets spéciaux, quoique moins réussis techniquement que dans les deux précédents volets (l’obligation de travailler dans l’urgence se fait sentir), restent agréables, nombreux et plaisants. Le talentueux David Allen se charge, bien évidemment, d’animer les créatures en usant majoritairement de la stop motion. Un régal pour les nostalgiques.
Si Puppet master 3 n’est pas un chef d’œuvre ni même un grand film, il reste une production divertissante, rythmée et rondement emballée (en à peine 80 minutes le spectateur n’a guère le temps de souffler) qui s’impose, au final, comme une des oeuvrettes les plus satisfaisante de la Full Moon et, probablement, l’épisode le plus réussi de la franchise.
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