Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
La destinée de deux couples new-yorkais qui règlent leurs comptes suite à une bagarre entre leurs enfants dans un square.
Deux ans seulement après le très bon Ghost writer, Roman Polanski revient avec l’adaptation de la pièce de théâtre Le Dieu du Carnage écrite par Yasmina Reza (qui co-signe d’ailleurs ici le scénario auprès du réalisateur de Répulsion). L’occasion idéale pour le cinéaste de revenir au huis clos, avec la particularité supplémentaire d’une montée en tension se déroulant en temps réel.
En introduction, deux gamins se disputent dans un jardin public, avec pour issue une blessure au visage pour l’un d’eux. Mais c’est loin d’être la seule conséquence de cette bagarre, car nous nous retrouvons très vite chez les parents de la « victime » qui reçoivent à leur domicile les parents du « coupable » afin de s’expliquer « cordialement », entre adultes responsables. Mais la tension monte peu à peu, laissant bientôt les injures prendre le dessus sur les courtoisies…
Si l’affrontement susmentionné n’ira pas plus loin que les « petits » pétages de plomb et les noms d’oiseaux lâchés à l’emporte-pièce (ainsi qu’une belle gerbe projetée par Kate Winslet), la tension psychologique présente ainsi que les dialogues aussi savoureux que justes parleront sans aucun doute à tout parent faisant preuve d’un minimum de protectionnisme envers leur enfant et possédant un tant soit peu d’amour propre. Si l’on rit beaucoup devant cette longue interlocution qui restera inoffensive, c’est essentiellement grâce à l’excellence du casting et des irrésistibles couples formés à l’écran par Jodie Foster/John C. Reilly et Kate Winslet/Christoph Waltz. Avec une mise en scène épurée (composée principalement de longs plans fixes et de champs/contre-champs) et un montage aussi doux qu’efficace, Polanski laisse pleinement la place à l’unique scène de la discorde ainsi qu’à ses protagonistes pour nous laisser seuls spectateurs de la bêtise humaine dans toute sa splendeur. La montée en tension est
néanmoins rondement menée, comme dans un thriller en somme, dans ce qui s’avère être un joli exercice de style, entre drame et comédie.
Finalement plus proche du théâtre que du cinéma, Carnage laisse entièrement la place aux prestations impeccables des comédien(ne)s pour livrer au final une « grosse » crise d’1h30 au caractère diablement universel. Un petit Polanski certes, mais un Polanski incroyablement juste.
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