Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Alyce est une jeune femme qui, après avoir accidentellement poussé son meilleur ami d’un toit, est hantée par la culpabilité et se laisse entraîner dans une spirale infernale de sexe, drogue et violence...
Auteur du mièvre Zombie Strippers voici une paire d’années, film prometteur au contenu somme toute décevant, Jay Lee revient en 2012 avec Alyce, oeuvre dont les médias américains avaient largement fait leurs choux gras avant que celle-ci ne sombre dans un certain anonymat notamment à cause d’un manque de visibilité en festival. Alyce, kézako ? Comme l’annonce la jaquette du DVD distribué chez Emylia dans nos contrées, le film de Jay Lee est une sorte d’Alice au Pays des Merveilles. C’est aussi le prénom de l’héroïne du film, une jeune femme plutôt introvertie dont les charmes lui permettent d’exister tant dans son petit travail dans un bureau qu’auprès des mâles du monde de la nuit.
Lors d’une soirée bien arrosée et où la drogue fait ses ravages, elle tente de consoler sa meilleure amie, Caroll qui, complètement ivre, tombe d’un toit. Commence alors une véritable plongée aux enfers pour Alyce, qui supporte mal les flashes de cette soirée et sombre petit à petit dans la folie, l’alcool et la drogue.
Doté d’un sujet bien plus sérieux que pour son précédent Zombie Strippers, qui brillait tout de même par quelques scènes cultes, le nouveau film de Jay Lee débute comme un drame au visage particulièrement humain. Procédant avec une caméra fort proche des protagonistes, multipliant les gros plans saccadés, le metteur en scène tente dès les premiers instants de plonger le spectateur dans un univers aussi particulier que troublant : celui des virées nocturnes aux relents de drogues et d’alcool. Assez intimiste que pour marquer les esprits, l’entame se tire malheureusement rapidement en longueur et la phase d’exposition proprement dite met plus d’une demi-heure à prendre forme.
Ces longueurs affichées d’emblée s’estompent heureusement avec l’arrivée du drame annoncé dans le pitch et les premières visions apocalyptiques de l’héroïne, ce qui permet à Jay Lee de réellement entamer sa plongée aux enfers. Celle-ci, bénéficiant toujours du même traitement d’image (parfois un peu trop flou mais bien souvent efficace), s’avère particulièrement efficace et froide. La seconde partie de l’œuvre apporte donc son lot d’images et d’idées dérangeantes, Lee s’escrimant même à offrir une petite critique sociétale un peu trop bavarde mais très maligne. L’aspect glacial de la description de la folie d’Alyce vire néanmoins à la douche froide lors d’une dernière séquence digne d’une comédie de boulevard qui vient un peu saper les efforts scénaristiques de l’ensemble.
Arythmique et bancal, Alyce souffre surtout d’un final peu inspiré qui stoppe net toute la folie mise en place par Jay Lee. Néanmoins marquante grâce à certaines séquences troublantes et quelques scènes plus ou moins sanguinolentes dépeintes avec une grande froideur, l’œuvre du cinéaste s’avère malsaine juste ce qu’il faut…
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