Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
L'histoire du film se déroule 500 ans dans le futur et suit les pas du Capitaine Malcolm Reynolds, un vétéran d'une guerre civile galactique, qui vit désormais de petits crimes et fait du trafique via son vaisseau, le Serenity. Il est à la tête d'une petite équipe composée de personnes très différentes les unes des autres. Quand il prend deux nouveaux passagers - un jeune docteur et sa soeur, une télépathe un peu bizarre - il se retrouve empêtré dans une drôle d'affaire. Ils sont fugitifs. En effet, ils étaient prisonniers de la coalition qui domine l'univers, et celle-ci fera n'importe quoi pour récupérer la fille, très précieuse à ses yeux. La petite équipe doit alors fuir l'Alliance et les horribles Reavers, de sauvages cannibales, sans savoir que le plus grand danger pourrait être encore plus proche d'eux, le Serenity lui-même.
Avant de travailler sur The Avengers prévu pour 2012, Joss Whedon, que la critique attend peut-être un peu trop au tournant, a surtout transpiré pour
des séries TV dont la plus célèbre dans l’hexagone est Buffy contre les vampires. Serenity est d’ailleurs la reprise d’une autre série TV, Firefly, sorte de
western spaceopéradique inspiré, entre autre, par la guerre de sécession, et Star Wars, qui connaîtra quelques déboires avec la chaine américaine
FOX, puisqu’elle ne sera pas diffusée dans l’ordre prévu, et sera stoppée au 12ème épisode au lieu du 15ème. N’en déplaise à ce mauvais traitement
et cette main mise arbitraire sur son bébé, Whedon profitera des bonnes ventes en DVD de la série, ainsi que du soutien de ses fans et d’Universal,
pour, faute de pouvoir lancer une seconde saison, réaliser ce film qui reprend l’intrigue de la saison unique de Firefly.
C’est donc (re)parti pour un voyage en 2517. Le début du film n’est ni plus ni moins que le synopsis de la série, habilement enchâssé dans la mémoire de River Tam (Summer Glau), télépathe prisonnière de l’Alliance et victime d’expérimentations douteuses, dont l’évasion organisée par son frère Simon (Sean Maher) est elle-même enchâssée dans l’enregistrement de cette évasion que visionne l’agent secret opérateur (Chiwetel Ejiofor) de l’Alliance, guerrier ultime et fanatique chargé de traquer les fugitifs. Le décor est donc très rapidement planté, et le ton donné, sans qu’il soit besoin de connaître la série. Nous apprenons qu’après l’épuisement des ressources terrestres, l’humanité a colonisé un nouveau système solaire, peuplant des dizaines de planètes. Les planètes centrales se sont regroupées pour former l’Alliance, qui, au nom de velléités exécutives et législatives sur tout le système, déclencha une guerre qu’elle finit par remporter sur les indépendantistes. Le sergent Malcolm Reynolds (Nathan Fillion) fut dans le camp des perdants. Après la défaite finale (dans la vallée Serenity), il a choisi la marge. Capitaine du vaisseau Serenity, il mène une vie de contrebandier, en voyageant avec un équipage qui lui va comme un gant, à travers les confins de l’espace. Le fait de transporter River et Simon Tam va le conduire contre toute attente à devoir livrer un nouveau combat contre l’Alliance, et découvrir la terrible vérité sur les abominables rapineurs, qui parcourent l’espace à la recherche de viande humaine.
Film BD à la croisée de Star Wars et de Star Trek, Serenity est à prendre pour ce qu’il est : un divertissement SF sans envergure ni originalité, qui n’a pas
d’autres ambitions que de nous divertir, et qui y parvient. Piochant ouvertement dans ses influences en toute liberté, Whedon réussit à nous offrir un spectacle
qui n’est pas dénué d’un charme propre, et qui mélange habilement humour décalé et action plus ou moins violente. Cette histoire pourra donc ravir tous ceux
qui ont envie de débrancher leur cerveau le temps d’une série B de facture honorable, et devrait éventuellement plaire à tous les fans de Han Solo qui ont
parfois rêvé de le voir botter le cul des Jedis et de Dark Vador. Car Malcolm Reynolds n’est ni plus ni moins qu’une déclinaison un peu plus péchue du plus
célèbre contrebandier du cinéma SF. Et tout comme son aîné, il est, sous une carapace cynique et désabusée, une très bonne patte. Aussi, ce cowboy de l’espace
se laisse-t-il sans trop de mal embarquer avec ses compagnons flibustiers dans une aventure des plus dangereuse, sur fond de manigances politiques véreuses
dont les secrets peu reluisants sont enfouis dans l’inconscient de River, qui quant à elle, réserve bien des surprises à l’équipage.. Bref, ça bastonne beaucoup,
et il y en a pour tous les goûts : boxe, arts martiaux, coups bas et ruées barbares sont au rendez-vous. Ça pilote aussi pas mal, avec de bonnes courses poursuites.
Ça flingue, ça fait des cascades, ça ouvre grand sa gueule, ça s’insulte, et ça décampe tant que ça ne s’est pas fait acculer, pour finir par se faire acculer.. En somme,
ça passe et ça casse. Et c’est tant mieux.
A des années lumières de prétendre soulever des polémiques quant à une source délicate d’inspiration, Serenity est une série B totalement décomplexée, qui n’a pas d’autres velléités que de proposer quelque chose comme du western SF "burger". Après tout, il y a bien eu du western spaghetti, du western paella, du western choucroute, du western crépusculaire.. Ici, c’est de la restauration rapide qui a le mérite de ne pas refiler du cholestérol. Alors, pourquoi se priver de ce que Whedon nous a collé entre ses deux tranches de pain ?
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