Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Célia n'a jamais connu sa mère. Elle s'est toujours sentie coupable des sacrifices que les autres ont dû faire pour elle. Sa mort violente, le jour de ses 21 ans, la renvoie face aux anges et démons qui l'ont entourés dans sa vie et qui maintenant la menacent dans sa mort...
Il y a des films qui relèvent d’une nullité telle qu’ils parviennent même à défier la critique que l’on voudrait en faire. On se demande : à quoi bon ? C’est comme si on essayait d’exécuter désespérément une mélodie viable avec un instrument accordé au milieu d’un ensemble d’instruments qui eux ne le sont pas. Cela semble tellement vain, que même une description du ratage complet auquel on vient d’assister paraît relever de l’exploit. Alors pourquoi s’échiner à pondre quelques lignes ? Pour éviter à nos chers amis cinéphiles certaines daubes sans nom comme Les Mangeurs d’Âmes, dont il n’y a bien honnêtement pas grand chose à dire, sinon : "circulez, il n’y a rien à voir".
Le film ne souffre pourtant pas d’un mauvais pitch. Au contraire même, il induit la nécessité de compresser tellement
d’éléments scénaristiques dans un métrage qui au final ne dure que 1H28, que cette gageure relève de l’exercice de
style quasi suicidaire. L’héroïne Célia (Monica Keena), après avoir succombé sous l’effet d’une drogue qu’un jeune
homme peu scrupuleux lui a fait prendre lors d’une soirée, en vue de lui faire subir un viol collectif, se retrouve dans
une sorte de dimension parallèle qui fait office de limbes. Là, elle doit non seulement accepter sa mort et échapper à
des mangeurs d’âmes qui hantent les lieux en prenant l’apparence des êtres défunts qu’elle a aimé ; mais il lui faut aussi
distinguer le vrai du faux dans ce que lui dit un soit-disant ange protecteur (David Anders), et essayer, en se servant des
miroirs pour agir sur les objets inanimés, de sauver sa meilleure amie qui pendant ce temps, dans le monde des vivants,
risque de passer à son tour à la casserole. Le problème, c’est qu’elle n’a que deux heures. Inutile de trop chercher à
comprendre pourquoi en définitive. Ce timing, supposé insuffler une dynamique anxiogène et intense est déjà une
maladresse en soi, dans la mesure où Célia le tient du fameux ange gardien qui peut tout aussi bien mentir que dire
la vérité.
Au demeurant, cette maladresse, et le fait que l’heure tourne encore dans l’au-delà sont des idées dont on peut s’accommoder.
On se dit même qu’il faut une âme assez balèze pour surmonter autant d’épreuves en si peu de temps. Autrement dit, un casting
et un réalisateur plutôt costauds. On ne cachera donc pas notre dépit face à l’énorme paradoxe de ce film : si les temps de la
fiction et du métrage peuvent paraître un peu courts pour tout ce que le scénario exige qu’on y mette, Mr Steven R Monroe
et son équipe réussissent le tour de force ahurissant de produire un récit d’une lenteur indigeste. Ce que Les Mangeurs d’Âmes
nous offre en guise de tension n’est qu’une suite laborieuse et répétitive de séquences où rien n’est crédible ou prenant, sans
que l’esthétique de l’ensemble ne rattrape un petit peu le désastre. Bénéficiant d’un budget manifestement limité, Monroe (si
on met de côté la séquence introductive dans un cimetière, les quelques scènes mélos où Célia discute sur une plage avec
des défunts, et quelques plans de rues) ne dispose que d’une maison pour essayer de faire cohabiter en parallèle le monde
des vivants et les limbes, et de créer l’état d’urgence et de suspense supposé les articuler. Mais il n’a hélas ni la ressource ni le
talent d’en tirer quoi que ce soit d’inquiétant ou de beau. Pire, il multiplie les idées foireuses. Tentant de représenter visuellement
les états d’âmes de son héroïne fraîchement morte, il nous montre une âme errante qui vomit, se tord les chevilles en courant, s’échine
à frapper aux portes, s’enferme dans une voiture pour échapper à un démon, saigne lorsque qu’un autre la griffe, accuse le coup lorsqu’elle
tombe du premier étage.. Autant dire que ce syndrome du corps organique fantôme a quelque chose de désopilant, d’autant plus que tout
le reste du film est ennuyeux à mourir.
En clair, mettez ce genre d’ingrédients entre les mains d’un Jean Cocteau, et il vous pond un poème tragique. Mettez ce genre de timing entre les mains d’un Fred Zinneman, et il vous pond un chef d’oeuvre. Entre les mains d’un Monroe, c’est long, énervant, et n’est un cauchemar que par son don d’exacerber le spectateur. Bref, vous l’aurez compris, on ne vous souhaite pas un bon appétit.
Pas de news associées à ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !