Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un groupe de jeunes gens participe à une course à pied pour remporter un prix phénoménal. Mais il y a anguille sous roche. Au début, tout le monde reçoit un collier avec des charges explosives. S’ils dévient du trajet ou essaient de s’évader, leur tête explosera. Sous l’oeil tout- voyant de l’organisateur, Mr. Frank, Ryan et Finch commencent la course extrêmement dangereuse où le fair-play n’est pas toujours de mise.
Il est de ces œuvres qui laissent autant d’impact qu’un pet au milieu d’un déluge de trombones. Freerunner, ersatz lointain de Yamakazi et de Death race, n’emprunte les paysages urbains que pour mieux les dénaturer lors de courses effrénées rarement lisibles. L’argument lui-même manque de tonus : des courses libres sont organisées en plein centre-ville, au nez et à la barbe des badauds qui subissent les gesticulations anarchiques de ces sprinteurs hors pistes. Le jeu, inspiré par l’univers de Pékin Express, consiste à ramasser avant ses concurrents trois drapeaux situés à différents endroits afin de palper quelques menus dollars qui ne sont que de menue monnaie en comparaison des sommes circulant dans les bureaux de paris.
Le spectateur, déjà lassé par une foule de salto et contre-salto
vibrant au rythme de la shakycam, aura l’insigne honneur de suivre le destin de Ryan, jeune homme névrotique, obsédé par ses rêves d’évasion, qui parie par l’entremise d’un contact sur sa propre victoire lors de la prochaine course... alors qu’il n’a encore jamais vaincu le très vilain Flinch, cador de la compet’ qui accumule mandales et coups bas sur ses concurrents pour s’assurer le haut du podium. Foncièrement inintéressant, le récit se pare bientôt d’un rebondissement aussi inopiné que la victoire néo-zélandaise face aux rugbymen du Quinze ukrainien : les coureurs sont coincés par un illustre inconnu (on sait qu’il est illustre parce que le mégalomane se fait appeler Monsieur) et contraints de concourir dans une course à la mort. Adepte du Battle royale de Fukasaku, Monsieur Frank enferre chaque participant dans un joli collier métallique pourvu d’une bombe qui menace dans l’heure de faire exploser le crâne des pauvres perdants.
Point d’enjeu dramatique dans cette course à la mort de l’an 2010 puisque, dès l’introduction desdits colliers, Lawrence Silverstein ne se focalise plus du tout sur ses protagonistes qui tombent l’un après l’autre dans l’indifférence la plus complète. L’intérêt est visiblement ailleurs. Dans les glissades sur les capots de grosses cylindrées ou les figures artistiques sur bennes à ordure ? Ou plutôt dans les enchères constantes de multi-millionnaires se repaissant de la mort d’individus lambdas ? Ou encore dans les exécutions systématiques des coureurs ? Aucune de ces propositions n’est évidemment valable. La réponse que traque, tel un chevalier arthurien à la recherche du Saint Graal, le spectateur livide se situe dans les improbables dialogues entretenus par un casting d’emmanchés notoires (Danny Dyer, en tête de liste) ou pas (les délicieuses trognes webcamées des richissimes parieurs).
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