Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Certains secrets n'attendent que le bon moment pour refaire surface.
25 Août 2011, la rédaction est mise en branle :
" Eh les gars, y a papy Romero qui produit une série de films à sketchs
Ah ouais et ça donne quoi ?
Ben, c’est méga craignos. Y joue le rôle du squelette des Contes de la crypte et les saynètes sont juste chiantes à mourir et mal branlées.
Ah ouais quand même."
Le 26 novembre 2011, il fallait une âme charitable pour se plonger dans les entrailles du deuxième volume de l’anthologie horrifique produite et narrée par le père des morts-vivants. Pas de tirage au
sort, pas de vote à main levée : le chançard est tout désigné puisqu’il est le seul à avoir subi deux mois auparavant les premières frasques de ce florilège du Z. Première heureuse surprise : le niveau monte d’un cran. Les carnages gorasses d’Au fond de la gorge relèguent aux catacombes les pauvres sacrifices cannibales de La vallée des ombres, épisode d’ouverture de la série. Parti pour devenir un ersatz de The Descent (enfoncement dans les abysses avec un groupe de spéléos amateurs), le segment opte finalement pour l’ambiance claustro et s’appuie sur les nombreux cas d’anthropophagie forcée recensés dans la presse pour définir les nouveaux contours d’un cauchemar hautement réaliste.
D’un cauchemar à un autre, l’anthologie nous convie à Sabbath Hill sur les traces d’un professeur d’université tortionnaire qui expulse l’un après l’autre les étudiants qui ont l’outrecuidance de manquer l’un de ses cours. L’une de ses étudiantes, avec laquelle il entretient une relation adultère, commet un jour l’irréparable lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte : le spectre de la jeune femme est bien décidé à observer les conseils prodigués par celui-ci en ne manquant plus un seul de ses exposés. Classique de chez classique, cet épisode signé de Jeff Monahan, scénariste de l’entièreté des historiettes, est sans nul doute le plus faible du lot. Recyclant l’imagerie traditionnelle de la persécution fantomatique, Monahan se montre frileux à tous les égards mettant en boîte avec un académisme navrant une suite d’images tout aussi pâlottes. Dès son second tableau, Scream show 2, né de la poussière, semble annoncer qu’il va y retourner fissa.
De poussière, il en d’ailleurs question dans Dust, troisième et
dernier volet de l’anthologie signé du vétéran de la bande, Michael Fischa (My Mom’s a Werewolf). De la poussière de Mars en l’occurrence capable de régénérer les cellules cancéreuses. Ce qui en ferait la trouvaille la plus révolutionnaire du siècle, loin devant l’Ipad et la douche pliable. Seulement, ces particules martiennes provoquent une série d’effets secondaires non renseignés par la notice : montées de sève, affutage de la libido et dépendance exacerbée. Un détail... A mi-chemin entre l’esprit des Contes de la crypte (tendance soft) et La Quatrième dimension (tendance hard), Dust navigue le cul entre deux chaises et ne parvient jamais à trouver son équilibre.
Maigre bilan au final de cette mini-série de six saynètes à peine rehaussée par deux épisodes moyennement convaincants (Au fond de la gorge et Visite à domicile) qui renouent avec la griffe Creepshow de la glorieuse association Romero-King-Savini.
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