Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un rétrovirus, conçu dans le cadre d’expériences génétiques, devient rapidement hors de contrôle et engendre d’incontrôlables mutations. Tous les organismes vivants échangent leurs gênes, se mélangent, plantes, animaux et humains. Le résultat est dévastateur. En juste deux jours 90% de l’humanité est morte, le reste mutée. Quelques personnes semblent immunisées au virus, et doivent lutter pour survivre dans cet écosystème instable.
Tourné dans le sillage de Rammbock, sorti sur nos terres sous le titre plus vendeur de Berlin of the Dead, en pleine vallée du Rhin, Extinction : the GMO Chronicles vogue à peu près dans les mêmes eaux en présentant une poignée de survivants confrontés à des hordes de zombies plutôt affamés. A y regarder de plus près, les deux films ne partagent finalement que cette imagerie tenace du surnombre épileptique face au groupuscule de résistants qui s’organisent à la sauvette et se voient rapidement décimés malgré les mille et une
précautions observées. Malgré sa géolocalisation aux abords du fleuve, il manque à ce premier long de Niki Drozdowski un petit coup de rein. Permettez que je m’applaudisse pour ce calembour miteux.
La pandémie a gagné l’ensemble de l’Allemagne et Tom tente tant bien que mal de lutter. Mais les foules d’infectés et de pillards se pressent à sa porte. Quelle option choisir ? La lutte ? Le suicide ? Conscient de l’enjeu dramatique du script, il préfère en derniers cours la fuite dans l’espoir de trouver d’autres immunisés comme lui et de pouvoir, qui sait, à long terme, repeupler la Rhénanie ou quérir un nouvel Eden dans lequel cette foutue épidémie ne serait plus qu’un lointain souvenir...
Pour découvrir ce qu’il va advenir de Tom et sa ribambelle, il faudra juste s’armer un peu de patience et se coltiner d’ici là une compilation de lieux communs du genre recyclés à l’envi par les créateurs de The Walking Dead et une pluie de répliques insipides directement
concoctées en anglais pour séduire l’international. Plutôt convaincante durant une demi-heure, la trame scénaristique s’effiloche ensuite, valdinguant de la caractérisation souvent outrancière des personnages à des scènes d’assaut de plus en plus improbables. Car, la mutation des infectés est à peine entamée : une fois que les rescapés s’enterrent dans un bunker, vestige de la seconde guerre mondiale, les trublions s’invitent sporadiquement, escaladant façades et barrières avec l’agilité d’un matou et décimant peu à peu cette flamboyante équipée qui s’est enrichie entre temps d’un admirateur du Contagion de Soderbergh qui se balade toute la sainte journée emmitouflé dans une combinaison hermétique et d’un détenu vachement balèze (enfermé pendant quinze jours dans une cellule, il se nourrit de papier toilettes sans broncher).
Ces nombreuses approximations scénaristiques (l’ordinateur via lequel communique le héros est doté de batteries étonnamment résistantes) couplées au design obsolète des créatures et à leurs déplacements de plus en plus épileptiques transforment peu à peu cette extinction en une vague bisserie sans grand intérêt.
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