Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un groupe d'amis vont dans une usine désaffectée pour faire la fête. La boucherie peut commencer…
Sweatshop incarne un peu la dégénérescence du slasher movie qui ne cesse d’alimenter le cinéma bis horrifique depuis la résurrection du genre entamée dans les années 90 par Scream et ses nombreuses décalques. Arrivé alors à maturité, le slasher connaît un pendant parodique tantôt absurde tendance lourdingue (Scary movie, ses séquelles et son dévoiement, Scary scream movie) tantôt réalistico-analytique (Behind the mask : the rise of Leslie Vernon). En marge, les imitateurs s’échinent à reproduire à l’envi une recette aussi simpliste qu’éculée, variant à peine l’imagerie du bestiaire pour légitimer la redite. Stacy Davidson ne fait nullement exception. Ce transfuge de l’univers des effets spéciaux digitaux (le segment Wet dreams de l’anthologie The theatre bizarre) recycle la mécanique utilisée pour 100 tears de Marcus Koch sur lequel il officia : une kyrielle d’exécutions sordides perpétrées par un aliéné ultra-balaise rendues avec une précision quasi anatomique.
Le cheptel mis à disposition de la Bête, monstre tentaculaire armé
d’un marteau colossal, et flanqué d’un adjoint non moins monstrueux, reste suffisamment dans l’ombre pour ne pas handicaper les chances du boogeyman de perpétrer un carnage. A peine relève-t-on que lesdites victimes, crêtes sur la caboche et nibars à l’air, avaient à l’origine prévu de s’éclater dans l’intimité lors d’une rave improvisée dans un hangar désert. Pourtant, ce n’est pas de faute de ne pas grossir le trait puisque Davidson, aidé de Ted Geoghegan (Barricade, Nikos the impaler, décidément tout la catalogue des Uncut movies y passe !), parsème son script çà et là de quelques séquences de danses lascives sur électro à fond la caisse pendant que les pervers de la bande tempèrent avec difficulté leur tringle. Pendant ce temps, la mascotte de Bricorama teste son outillage complet sur les pauvres hères qui ont osé s’aventurer à l’écart du groupe dans l’espoir d’une petite partie de jambes en l’air pèpère. Les zigotos sont servis sur un plateau car non seulement les jambes volent mais toutes les parties de leur anatomie un tant soit peu amovible se voient sujettes à l’éparpillement façon puzzle de l’homme au marteau.
Fort de ces épanchements gorasses souvent jubilatoires, faisant étalage de l’art de Davidson pour le colmatage digitalisé, Sweatshop trouvera sans nul doute son public. Celui lassé par les multiples décalques à destination des adolescents atteints de palpitations chroniques, soumises aux lois du jeu du PG13 à tout prix. Sweatshop est un slapstick d’exploitation pur jus (bien saignant, le jus) qui sacrifie tout (même le genre qu’il emploie) sur l’autel du déploiement de barbaque pur et dur et fonce tête baissée vers son objectif : dézinguer à tout-va avec un maximum de raisiné.
Pas de news associées à ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !