Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Une nouvelle journée d'enfer redémarre en force lorsque le détective John McClane (Bruce Willis) se trouve confronté à un nouveau genre de terrorisme. Le réseau informatique national qui contrôle absolument toutes les communications, les transports et l'énergie des Etats-Unis, est détruit de façon systématique, plongeant le pays dans le chaos. Le cerveau qui est derrière le complot a tout calculé à la perfection. Ou presque... Il n'avait pas prévu McClane, un flic de la vieille école qui connait deux ou trois trucs efficaces pour déjouer les attaques terroristes.
Par Thibault Despreaux
Souvent, l’opus ’’de trop’’ d’une saga se reconnaît à un contre-pied malheureux, l’option pour la banalité (soit l’avatar ou recours évident). Forcément, il s’en trouve en décalage avec ses prédécesseurs ; cela, on l’admettra. Presque quinze ans après le dernier opus de la saga Die Hard, le refus d’assimiler son style est, hypothétiquement, tout à l’honneur d’une entreprise qui manifeste ainsi sa volonté de redonner un sens ’’contemporain’’ au modèle dont elle s’approprie le
nom.
Malheureusement, Die Hard 4 est un sacrifice de tout ce qui a fait la force et le charme d’une franchise qui, dans les 90’s, représentait ce qu’Hollywood pouvait faire de mieux dans le domaine de l’action. Ici, les facéties sont disséminées en quelques lambeaux vaguement fidèles à cet esprit opportuniste et indiscipliné, atout bancal du tryptique originel : le mot pour détendre est rare et faux, désormais. L’absence de cette illusion d’un spectacle spontané pèse lourd et ôte son semblant d’énergie à ce ’’retour vers l’enfer’’. Nous trouvons là un film d’action passe-partout, 100% ancré dans son époque effectivement, 100% docile et conforme à ses standards aussi.
Après l’immeuble, le site aéroportuaire puis la ville-état, l’échelle grandit encore : cette fois, c’est l’état tout court et tout entier que les ennemis de l’Amérique tentent de s’approprier. Ils ne sont plus les mêmes, ces vrais ou faux terroristes, et puis le 11 septembre est passé par là : cette fois, les méchants sont des hackers. Que les puristes ne s’inquiètent pas : les petits derniers, encore plus forts que les pas gentils charismatiques d’avant, citent carrément Lénine ! On savait que le propos des Die Hard n’avait jamais volé haut, mais cette fois c’est un record. Et un bel anachronisme, pour le coup.
L’idée d’un buddy-movie générationnel, dont la mise en place est cohérente après la tournure quelque peu ’’Arme fatale’’ de Die Hard 3, est plus intéressante. Mais le principe est mal pourvu tant les deux témoins ne sont que d’horripilantes singeries du réel auquel le film voudrait se raccrocher. John McLane n’est plus le petit réfractaire à l’autorité et ressemble ici à une sorte de version décontractée du Mel Gibson contemporain [celui de Ce que veulent les femmes et Hors de contrôle] ; le chien fou devenu ’’adulte’’ quoi, ou simple vieux con s’assumant fièrement comme tel. Willis est un père hors-du-coup, un flic déshérité, mais bon, il est cool, il paraît qu’il a vécu, alors tout va. Le portrait de l’ado qu’il est chargé de
protéger frôle quand à lui la plate bouffonnerie. C’est un jeune geek aux idéaux pré-mâchés, tendance paranoïa post-moderniste et hégémonique. Et jusque-là tout va bien, il y a même matière à s’amuser. Puis ça tourne mal...
D’abord l’enjeu est simple : le dinosaure saura-t-il encore faire face à ses adversaires omniscients à l’heure du tout-numérique ? Désuet, bidon même, mais pourquoi pas. Mais il n’y a pas que ça qui préoccupe McLane, bientôt métamorphosé en moraliste alors qu’à ses côtés le puéril contestataire se repent lorsque le chaos surgit, pour de vrai. Ce pas franchi, avec une dose abusive de sérieux plombant, n’existe plus que le surplace frénétique, la péripétie sans grâce [une petite farce ludique tout de même – le montage ’’spécial USA’’]. Les relents prohibitifs, aussi, eux dont il n’était pas question dans les films de McTiernan.
A l’arrivée, ce n’est rien d’autre qu’un outil de genre ’’bien’’ fabriqué [deux scènes épatantes se démarquent ; l’assaut de l’appartement du jeune homme et le combat avec la fiancée du commandant pirate très affecté] par un yes-man, comme on en a vu et en verra à tant d’autres occasions. C’est très peu et c’est surtout très loin d’une résurrection. Juste une façon de ranger une marque mythique dans la grande étagère de la bouillie débilitante qui est le lot hebdomadaire (pour schématiser) de l’action-movie contemporain. Alors oui, pas de quoi s’insurger, Die Hard 4 est un produit de son époque.
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