Critique de film

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Momie aztèque (La)

"La Momia azteca"
affiche du film

Le Dr Almada, scientifique réputé, présente sa dernière avancée à un congrès de médecins. Selon ses théories fumeuses, l'hypnose permettrait de remonter le temps et de retrouver ses vies passées. Le docteur se heurte à l'incrédulité de son auditoire et se voit contraint de donner des preuves de ce qu'il avance. En se portant volontaire, sa fiancée Flora, se retrouve plongée aux temps des Aztèques. Malheureusement, une vieille malédiction va se réveiller. De plus, un mystérieux individu masqué, nommé la chauve-souris, espionne les travaux du docteur.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La momie aztèque - Popoca se réveille...
Par : Quentin Meignant
Tags : Momies

Ce film est avant tout à voir comme une curiosité. Hybride entre le film de gangster, de savant fou et fantastique, La momie aztèque n’en reste pas moins le premier grand film de genre mexicain. Sans pouvoir rivaliser avec les grosses cylindrées américaines, Rafael Portillo a fait ce qu’il pouvait avec ses petits moyens financiers.

Le film créa une véritable sensation au Mexique, peu habitué à ce genre de métrage. Portillo, alors peu habitué à la réalisation, apporta tout le savoir faire qu’il avait emmagasiné dans les studios hollywoodiens, pour lesquels il travaillait souvent en tant que monteur dans les 40’s.

C’est sans doute pour cela que le film commence "à l’américaine". Fort ancré dans les polars noirs de l’époque, La momie aztèque commence à la façon d’un film de gangster : par une fusillade entre le méchant savant-fou surnommé Chauve-souris et des policiers clairement disposés à tuer.

« Oulà !, vous dites-vous, il en faut du courage pour voir pareille bêtises ! » Eh bien, pas tant que ça finalement, vous répondrai-je. Le film n’est pas trop long (1h20) et recèle pas mal de scènes qui, sans être palpitantes ni de grande qualité, font montre d’une certaine maîtrise dans le chef du réalisateur.

Ainsi, la captivante séance d’hypnose, qui permet à l’héroïne de voyager dans ses vies antérieures, donne un réel plus à l’aventure. On sait dès lors que cette dernière est lancée, et de quelle manière ! Rarement une séance d’hypnose (opération qui n’est pas vraiment palpitante) n’avait tenu autant en haleine. Malgré un noir et blanc pas toujours de bonne qualité, Portillo parvient à jouer avec son décor et à nous proposer une hypnose plus vraie que nature (malgré les clichés du genre) !

Par contre, là où le bât blesse affreusement point de vue décors, c’est au niveau de la reconstitution du temple aztèque ! Jamais dans l’histoire du cinéma un décor n’avait été aussi pauvre et l’on se surprend même à décrocher complètement du film par la faute de ce simple manque de créativité (et de moyens).

De plus, la scène de présentation du temple (et donc de l’histoire de la création de la momie) est bien trop longue et monotone que pour susciter un quelconque intérêt. On pourrait néanmoins avancer que les amateurs des rites aztèques s’y retrouvent, tout en se rendant bien compte que le manque d’originalité des costumes est aussi un grand frein à cette reconstitution.

Là où le film devient très intéressant, c’est dans l’élaboration de la personnalité des divers protagonistes, véritable cheval de bataille dePortillo. Entre Pinacate, véritable couillon aux dialogues savoureux (« -Tu es un homme, oui ou non ? - Non, je suis une souris ! »), et le docteur Chauve-souris, savant-fou qui s’avère être un Fantomas avant l’heure (il dispose d’une véritable milice et de gadgets à tomber par terre), Portillo nous régale et prend visiblement son pied à nous faire découvrir tant de personnages qui sortent totalement des sentiers battus.

Arrive alors Popoca, la momie, toujours prête à estourbir quelques êtres humains pour récupérer ce que les scientifiques lui ont dérobé. Cette momie arrive sans aucun doute un peu trop tard dans le film et plombe carrément l’ambiance d’un film qui, jusque là, était un simple polar passable aux réminiscences fantastiques.

Nous entrons alors dans une phase que Portillo essaie de faire passer comme horrifique mais qui prête clairement à sourire. Popoca est plus un mort-vivant qu’une momie (Aaaaah ! Rien ne vaut Prem de Dans les griffes de la momie, de John Gilling, d’un point de vue esthétique ) et déambule un peu partout sans jamais impressionner. Fort mal maquillé, ce revenant ne sert pas à grand chose et, hormis des grognements (mais pourquoi est-il si méchant ?) plutôt efficaces, nous laisse clairement sur notre faim.

Le dénouement est quant à lui totalement nul, avec l’arrestation d’un docteur Chauve-Souris que l’on imaginait tout de même un peu plus maléfique que cela et qui déçoit par son manque de résistance. Il est donc plutôt dommage de constater que Portillo a quelque peu bâcler la fin d’une histoire finalement attachante malgré ses énormes défauts.

Il est donc clair que La momie aztèque n’est pas le film mexicain du siècle, mais elle n’en reste pas moins une curiosité savoureuse, surtout de par ses défauts. A voir au deuxième (voire vingtième) degré, La momie aztèque est une oeuvre historique qui en fera sourire plus d’un.


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BACK TO THE FEATURE
Par : Quentin Meignant

Dans un cinéma de série B en plein boum suite à l’expansion des drive-in, le Mexique, à l’instar des Etats-Unis, trouva une place au soleil dans les productions des 50’s. Instantanément fauchés et bouclés en très peu de temps, les œuvres mexicaines de l’époque relevaient autant de la gaudriole que de la reprise pure et simple des thèmes largement abordés par les classiques des années 30. Prévus pour un public fort peu regardant et passionné, ces films demeurent à l’heure actuelle fort prisés par les cinéphiles du monde entier, témoignages qu’ils sont d’une époque révolue.

A ce titre, la trilogie de La Momie aztèque, créée par Rafael Portillo en 1957, jouit d’une fort belle réputation, tant par l’aspect craignos de la créature principale que par les multiples délires, relevant bien souvent d’un opportunisme à toute épreuve, mis en scène par le réalisateur lui-même. Ces bandes, dont la première bénéficia d’un vif succès entraînant les tournages à la va-vite des deux volets suivants, mettent en lumière des personnages divers dont le seul point commun est la description manichéenne qui en est réalisée. En effet, la clé de l’intrigue se résume entre l’opposition de style et de personnalité entre le Docteur Almeida, célèbre savant spécialisé dans l’hypnose et homme au grand cœur, et le bandit surnommé Chauve-Souris, véritable vilain, prêt à tout pour s’emparer de quelque richesse ou secret scientifique. Cependant, dès La Momie aztèque, un personnage apparaît bien vite comme relativement hors norme en la personne de Pinacate. Ce dernier, assez étonnant, bénéficiera dès lors d’une mise en valeur fort différente dès le second opus, Portillo réservant même une surprise de taille à ses spectateurs.

Couard, es-tu là ?

« La faiblesse humaine à l’état pur », voilà sans doute les mots qui collent le mieux au Pinacate de La Momie aztèque. Couard et gaffeur en diable, ce dernier fait partie du gentil clan du Docteur Almeida, ce qui lui confère dès les premiers instants une aura relativement positive, un brin tempérée par ses bêtises. Car, si Pinacate demeure un bon second et un assistant-savant tout à fait valable, il s’évapore, se liquéfie dès qu’un danger rôde. Bégayant plus qu’à son tour, l’ami d’Almeida va même jusqu’à provoquer des catastrophe et causer plus d’une fois la perte d’un être cher. Portillo étant d’ailleurs bien conscient du burlesque qu’un tel personnage peut instiller à son œuvre, il n’hésite pas à transformer la couardise de celui-ci en « machine à faire des bons mots », Pinacate ne cessant guère de se défendre par un second degré exquis. Entre comique de situation et de répétition, le cinéaste s’en sort donc avec les honneurs malgré une œuvre relativement pauvre en spectacle, chose qu’il doit essentiellement à son peureux de service.

« Oui, je suis là ! »

Le Docteur Chauve-Souris, fraîchement arrêté dans le premier opus, vient de s’échapper. Il fait route avec sa troupe lorsqu’un mystérieux héros blanc, longiligne mais n’ayant rien à envier aux meilleurs lutteurs du pays, s’en prend directement à sa troupe et cause d’énormes pertes. Ainsi commence La malédiction de la momie aztèque

Malgré des procédés scénaristiques très mal élaborés qui mettent rapidement la puce à l’oreille, il demeure une véritable surprise de découvrir que le justicier performant surnommé L’Ange est en fait… Pinacate, le couard de service. Totalement dépassé par les événement dans La momie aztèque, le héros continue à feindre sa maladresse et son caractère peu enclin aux exploits mais, une fois ses amis en danger, il se change à l’abri des regards indiscrets et se transforme en un justicier masqué au courage hors du commun. Vif, il parvient à déjouer un à un tous les plans de la Chauve-Souris et survit même au supplice des serpents (il se retrouve enfermé dans une cave avec quelques dizaines de crotales). Véritable héros de La malédiction de la momie aztèque, Pinacate, après la découverte de son secret, acquiert un statut tout neuf qui en fait le sauveur de service, le seul homme à surpasser les forces de police dans la lutte contre les gangs et contre la momie elle-même.

Disparition prématurée

Malheureusement, ce statut enfin assumé prive définitivement le spectateur de L’ange dans le troisième volet des aventures d’Almeida et sa clique, Pinacate n’ayant plus besoin de cacher son courage derrière une quelconque peur feinte. Portillo, multipliant les stock-shots, laisse bien entrevoir quelques séquences savoureuses, mais, de manière générale, La momie aztèque contre le robot humain déçoit, d’autant que le métrage en lui-même ne comporte que de nombreux flash-backs. Le personnage de L’Ange a donc véritablement été tué dans l’œuf et, à ce titre, le personnage de Pinacate s’est lui aussi quelque peu éteint. L’œuvre ne faisant guère preuve d’humour, le héros n’a plus le droit de lâcher quelque note d’humour.

Par ailleurs, alors que Portillo aurait pu mettre en valeur une splendide lutte entre le héros hors norme et le robot humain de la Chauve-Souris, il préfère confronter celui-ci à une momie presque invisible de bout en bout, tout comme l’intégralité d’un casting méconnaissable.

Choc des cultures

Si le personnage de L’Ange eût sans doute mérité une franchise à lui tout seul, c’est surtout parce que ce héros atypique représente en bien des points le choc entre les cultures américaines et mexicaines. En effet, Portillo est sans doute l’un des seuls réalisateurs à avoir su cerner la quintessence d’un héros somme toute modeste, grande preuve d’une certaine dévotion au cinéma américain, et être parvenu à lui faire adopter un look et des croyances fort proches de la culture mexicaine.

En effet, sous des airs de danseur étoile, surtout dus à un collant blanc qui n’inspire pas forcément le respect, L’Ange arbore un masque proche de ceux des luchadores de la belle époque, celle de Portillo justement, où les Santo et autres catcheurs du genre profitaient d’un énorme succès en salles. Le catholicisme, représenté par le surnom même du héros, est par ailleurs un autre témoin de la fidélité du réalisateur à sa culture et à son pays.

Outre ce caractère purement mexicain, L’Ange est assez proche des nombreuses productions hollywoodiennes fauchées (et en général non-officielles) mettant en scène des super-héros des grandes firmes de comic books. C’est ainsi que l’on entrevoit en L’Ange des traits du Captain America d’Elmer Clifton et John English, dont le film, tourné en 1944, fera date grâce à son manque d’argent et sa certaine naïveté. S’inscrivant ainsi parfaitement dans un cinéma d’exploitation cher à de nombreux cinéphiles, L’Ange apparaît comme un vrai héros, dont la mythologie n’a hélas pas assez été explorée.

Un interprète hors normes

Si le personnage de L’Ange, alias l’hilarant Pinacate, a vraiment fonctionné à l’écran, régalant bon nombre de spectateur, le mérite en revient aussi à son interprète, Crox Alvarado, véritable mythe du cinéma d’exploitation mexicain. L’acteur, décédé en 1984, pouvait, en plus de la trilogie de la Momie, se targuer d’avoir participé à de nombreuses productions de 1937 à l’année de son décès.

Artiste aux mimiques incroyables, il participa ainsi à la mise sur orbite d’un cinéma mexicain jusque là à la traine mais qui, petit à petit, se changea en usine de fabrications filmiques hors normes. Le Diable est une femme (1950), Le Filet (1953), Lucha Libre (1953), Le Monstre sans visage (1957), La Loba (1965), L’île des dinosaures (1967), Santo contre les sorcières (1968), The Batwoman (1968) sont autant d’œuvres, aujourd’hui poussiéreuses et instantanément savoureuses, auxquelles a participé l’excellent Crox Alvarado, acteur qui aurait sans doute mérité une carrière le menant directement à Hollywood.

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